LA FAÏENCE DE SAINT AMAND LES EAUX

LA NAISSANCE AU XVIII ième SIÈCLE

Dans le Nord, à 13 km de Valenciennes, Saint Amand les Eaux réunissait les conditions favorables à l'implantation de faïenceries: voies d'eau, routes et forêts. La fabrication de faïence stannifère fut implantée à Saint-Amand en 1705 par Nicolas Desmoutiers dont la manufacture fut dirigée par son fondateur puis par des membres de la famille Dorez, descendants de Barthélémy Dorez, céramiste à Lille. Sa production est mal connue car peu de pièces sont signées de lui. Le matériel de la manufacture Desmoutiers fut vendu en 1775 à Bécart qui ferma Saint Amand les Eaux pour s'installer à Valenciennes dès 1776.

Assiette de Fauquez 

La seconde manufacture fut dirigée par les Fauquez de 1718 à 1794. Pierre Fauquez, faïencier à Tournai, fut très gêné par le traité d'Utrecht signé en 1713. Ce traité qui établissait la frontière entre Saint-Amand et Tournai, le coupait de sa clientèle de Saint-Amand et de ses environs. Il décida alors  d'établir une faïencerie à Saint-Amand en 1718, où il était assuré de trouver de bonnes conditions: voies d'eau, routes et forêts. Il amena des ouvriers de Tournai. La manufacture prospéra rapidement sous sa direction de 1718 à 1740, sous celle de son fils, François-Joseph de 1740 à 1773 et de Jean-Baptiste, fils de François, de 1773 à 1794. La révolution met fin à la faiencerie.

La production des Fauquez montrent la variété de celle-ci tant dans les formes que dans les décors. Jean-Baptiste Fauquez, fasciné comme tout professionnel de ce dix huitième siècle par la porcelaine de Chine, fabriqua aussi de la porcelaine tendre dont le décor en camaieu bleu est directement inspiré du motif tournaisien. Il fit aussi de la faïence fine, dite terre de pipe, avec rehauts d'or. Nombre de pièces sorties des fours des Fauquez sont marquées, ce qui, a permis des attributions sûres lorsque le décor, imité d'autres manufactures françaises, posait questions.

Saint Amand rend hommage à ces deux fabriques en exposant leur production dans son musée de la faïence installé dans la Tour abbatiale de Saint-Amand.

Au rez-de-chaussée sont présentées les expositions temporaires. A l'étage, plus de 300 faïences évoquent les deux manufactures du XVIIIè siècle : celle de Desmoutiers et la plus célèbre, celle de Fauquez.

La tour est le seul vestige de l'église abbatiale. Édifiée au début du 17ème siècle, elle est d'un magnifique style baroque-flamand. De superbes statues en décorent la façade. Celle-ci est surmontée d'une coupole qui renferme un bourdon de plus de quatre tonnes. Visitez le site du musée:

http://www.saint-amand-les-eaux.fr/decouvrir/patrimoine/musee_home.cfm

LES SIGNATURES DE LA FAÏENCE DE SAINT AMAND LES EAUX DU XVIII e SIÈCLE

Tiré du  "guide de l'amateur de Porcelaines et de Faïences" Graesse- Jaennicke chez Richard Carl Schmidt & CO Berlin 1909

LA RENAISSANCE AU XIXème SIÈCLE

La troisième usine règne de 1810 à 1817 grâce à Dorchies et Herbo. En 1818, Maximilien Joseph de BETTIGNIES porcelainier à Tournai, rachète cette petite affaire.  La production était variée et artistique. L'usine fabriquait à la fois de la porcelaine tendre au décor de Tournai notamment les glands, lauriers ou barbeaux, de la faïencerie stannifère aux décors bleus ou polychrome et des pièces de formes comme des statuettes, des bustes ou des vases.
Vers 1836, les résultats étaient encourageants, il transporte alors sa fabrique sur la butte dit "du Moulin des Loups" à St Amand, où il construit une usine beaucoup plus importante. Il se spécialise dans la fabrication de la porcelaine tendre ou porcelaine artificielle mais celle-ci présente des difficultés telles que les résultats sont désastreux. Tous les fabricants français y renoncent.  

    

Le 17 décembre 1880, Gustave DUBOIS et Léandre BLOQUIAUX reprennent la Manufacture de Maximilien de BETTIGNIES. Ils produisent de la faïence stannifère façon Lunéville et St Clément. En 1887 l'usine est cédée à une société anonyme et devient la "Manufacture de Faïence et de Porcelaines". En 1896 la marque "Saint Amand et Hamage Nord" est déposée après la création d'une seconde usine à Wandignies-Hamage. Celle - ci prend une rapide extension.  En 1900 est fondé près de la gare la  "Société Amandinoise de Faïencerie". En 1908 naît "CERANORD" dont l'emblème est un cygne. Cette fabrique, qui a déposé les marques "Lustroceram" et "Orceram" bénéficie d'une adjonction d'une fabrique de carreaux de revêtement à St Amand en 1910. Elles seront les seules à maintenir leur activité pendant la première guerre mondiale.  

OUVRIÈRES DE LA FAÏENCERIE EN 1899

Après la réparation des dégâts importants subis lors de la première guerre mondiale, la société effectue elle même à Provins l'extraction de ses argiles et prend à bail une petite affaire d'Orchies. Celle-ci se développe et, en 1923, elle est introduite par fusion au sein de la société. La raison sociale  est alors changée en "Faïence et Porcelaines de St-Amand-Orchies-Hamage" puis en 1928 en "Manufacture du Moulin des Loups-Hamage". En 1944, la raison sociale devient "les Manufactures de Faïence du Moulin des Loups". La société comprend alors 5 usines: deux à St Amand, une à Wandignies-Hamage, une à Orchies et la dernière à Provins. Les 5 usines ont employé jusqu'à 700 personnes, mais leur activité cesse en 1954. Ne résiste alors qu'une partie de l'activité sous le nom de " Les Grands Établissements Céramiques"qui ferment à leur tour en 1962.

  

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