ROLAND DORGELES
"Roland Lecavelé dit Roland Dorgeles (1885-1973) jeune homme
espiègle a été assagi par la guerre de 1914-1918 qui lui inspiré Les croix de Bois"
Frédéric Fabre
Le 15 juin 1885: Roland Lecavelé alias Roland Dorgelès est né au 49 aujourd’hui 71 rue Vascosan à Amiens.
Enfant, Roland rencontre un jour Jules Verne et en profite pour lui reprocher d’avoir fait
disparaître le capitaine Nemo à la fin de 20 000 lieues sous les mers. Ses parents étaient représentants de commerce et
déménagent en banlieue parisienne.
1900: Ses parents s’entendent difficilement. Roland se réfugie dans les livres. Il est marqué par les Scènes de la vie de bohème de Murger.
1905: Après des études dans les arts décoratifs, il se lance dans le
journalisme en collaborant avec plusieurs journaux notamment "Messidor" et
"Paris-journal".
1906: Il se mêle à la bohème de Montmartre, profitant toutefois d’un confort que ne connaissent pas la plupart de ses congénères : il est soutenu matériellement par ses parents et il commence à gagner sa vie par sa plume. Ses amis se nomment notamment Mac Orlan, Carco, Max Jacob, André Salmon, Apollinaire et Utrillo.
1907: Il commence à écrire des pièces de théâtre dont la "La corde au cou" sous le nom Dorgeles. Son nom d'écrivain est choisi en souvenir des séjours thermaux de sa mère à Argelès.
1908: Il croise Alain Fournier au Paris Journal. Il écrit aussi dans le journal Commedia.
1909: Roland n’apprécie pas pour autant
l’avènement du cubisme. Pour contrer Picasso, Juan Gris et leurs collègues, il
organise la supercherie du peintre d'origine de Gênes, Boronali, le soi-disant peintre "futuriste", qui est
en réalité l’âne du patron du Lapin Agile qui l'a appelé Aliboron en hommage au
nom d'un âne des fables de La Fontaine. Il accroche un pinceau à la queue de
l'âne, lequel barbouille de diverses couleurs une toile intitulée "Coucher de
soleil sur l'Adriatique" et signée « Boronali », anagramme d'Aliboron. Le
tableau, avant que Dorgelès n'en révèle la nature véritable, sera exposé au
Salon des indépendants de 1910.
1910: Il écrit dans le journal Fantasio et collabore aussi à L’Homme libre, le journal que dirige Clemenceau. Dorgelès a le coup de foudre pour Madeleine Borgeaud, qu’il rencontre dans les couloirs du journal Fantasio et s’installe rue Lepic, juste avant le Moulin de la Galette. Lorsque son propriétaire réintègre son logement, il s’exile de la Butte avec tristesse.
1914: Contre l'avis de Madeleine et de sa famille,
pistonné par Clémenceau, il est engagé volontaire en août, bien qu'il ait été deux fois réformé.
Il combat en Argonne et au nord de Reims avant la bataille du bois du Luxembourg et la
deuxième bataille d'Ypres. Nommé caporal, il reçoit la croix de guerre. Au front, il garde le moral vaille que vaille en prenant des notes
desquelles naîtra le chef d'œuvre "Les croix de bois".
Il restera marqué par la guerre, par sa violence et par l’indifférence de ceux
de l’arrière pendant le conflit.
1915: Il rejoint l'aviation et devient instructeur. Au 9 rue de Dijon à Longvic, il écrit le livre "les croix de bois". Aujourd'hui, en ce lieu une plaque commémorative a été installée.
1917: Il se sépare de Madeleine qui ne lui reste pas fidèle à Paris.
1918: Il entre au Canard Enchainé. Il publie dans ce journal un roman satirique intitulé "La Machine à finir la guerre".
1919: Le roman "Les croix de bois" n'a pas le prix Goncourt. "A l'ombre des jeunes filles en fleurs" de Marcel Proust lui est préféré. Mais il reçoit le prix Femina. Sa notoriété est définitivement acquise. Le titre du livre décrit la ligne à perte de vue de croix de bois, faites à la va-vite, et posées au-dessus des cadavres de soldats allemands et français.
1923: Il épouse Hania Routchine, fille d'émigrés russes et artiste lyrique.
Il publie "Le Réveil des morts" qui sort presque en même temps que "Le Diable au
corps" de Raymond Radiguet et sur un thème similaire soit une femme aimée par
deux hommes dont l’un est au front. Dorgelès écrit à Radiguet son regret qu’il
ait privilégié l’exercice de style aux qualités de cœur.
1924: Il voyage en Indochine avec son épouse.
1925: Il écrit "Sur la route mandarine" inspiré de son séjour en Indochine.
1929: Il entre à l'académie Goncourt pour remplacer Georges Courteline. Il y restera jusqu'à sa mort.
1931: Il voyage en Afrique du Nord. Les Croix de Bois sont adaptés au cinéma par Raymond Bernard.
1936: Il voyage en Russie avec son épouse.
1938: Il fait la connaissance de Madeleine Moisson qu’il visite parfois chez elle, 101 route de Croissy au Pecq.
1939: Il devient correspondant de guerre pour le journal "Gringoire".
1940: L’exode le mène à Cassis l’été dans une maison chemin Saint-Joseph, puis à Marseille à l’automne, où il s’installe boulevard Rodocanacchi pour pouvoir travailler au journal "Gringoire" situé au 39 rue Grignan à Marseille.
1941: Il cesse sa collaboration à "Gringoire" quand le ton antisémite s’impose dans le journal.
1942: En novembre, pour échapper à la Gestapo, il
s'installe à Montsaunès, ou il est rapidement rejoint par le peintre Raoul Dufy.
Il passe les derniers mois précédant la libération à Aspet.
1945: Il racontera les évènements de la seconde guerre mondiale dans deux livres : "Vacances forcées" et "Carte d'identité".
1954: il est nommé président de l'Académie Goncourt, il y restera jusqu'à sa mort.
1959: Hania, sa femme, meurt à l'âge de 74 ans.
1960: Il épouse madeleine Moisson.
1961: Il vit avec elle au 6e étage du 2 rue Mabillon
Le 18 mars 1973, Roland Dorgelès meurt à l'âge de 88 ans.
1996: Le prix Roland-Dorgelès est créé et attribué tous les ans à un professionnel de la radio et un professionnel de la télévision, distingués pour leur attachement à la qualité de la langue française. Il est décerné par l'Association des écrivains combattants, longtemps présidée par Roland Dorgelès, en collaboration avec le ministère français de la Culture.
Passez votre souris sur la photo pour accéder à son profil :
SES LIVRES


SES PREFACES
- Louis Vuillemin, L'Héroïque pastorale. Variations au grand air !...(1914-1918), M. Drouin, 1920
- Gus Bofa, Synthèses littéraires et extra-littéraires, Éditions Mornay, 1923

- Gabriel Tristan Franconi, Un tel de l'armée française, 1926
- La Chanson de Damsan. Légende Radé du XVIe siècle (Tribu Malaïo-Polynésienne du Darlac), transmise par la tradition orale, recueillie et transcrite en français par M. Léopold Sabatier, administrateur les services civils, ex-résident de France au Darlac, Leblanc et Trautmann, 1928
- Louis Sonolet, La Vie parisienne sous le second Empire. La Belle Impératrice. La Vie de la cour. Les Séries de Compiègne. Les Reines d'élégance. Les Étoiles du théâtre. Le Théâtre dans le monde. Les Bals travestis. Le Monde où l'on s'amuse. Les Élégances militaires. Le Décor de la vie, 1929.
- Octave Mirbeau, Œuvres illustrées, Éditions nationales, 1934-1936 (10 volumes)
- François Abgrall, Œuvres posthumes de Fanch Abgrall (Alc' houeder Arre), Éditions Amorica, 1935
- Georges Guierre, Pirouettes et sarcasmes, Éditions Presses modernes, 1939
- Capitaine Accart, On s'est battu dans le ciel, B. Arthaud, 1942
- Capitaine Williame, L'Escadrille des cigognes, B. Arthaud, 1945
- Louis Castex, Mon tour du monde en avion, Plon, 1945
- Albert Dubeux, La curieuse vie de Georges Courteline, Nouvelle Librairie de France/Gründ, 1949
- Au temps des bergeries... Mille baisers donnés, pris et rendus, M. Ponsot, 1951
- Salon de l'armée, 1952
- Ernest Hemingway, L'Adieu aux armes, A. Sauret, 1956
- Galerie Sagot-le Garrec, Vlaminck, œuvre gravé, Galerie Sagot-Le Garrec, 1956
- Claude Farrère, La Bataille, Éditions Innothéra, 1957
- Hommage à Paris, Serge Belloni, Bibliothèque Forney, 1968
- Frances Wilson-Huard, Charles Huard, Albin Michel, 1969
- Galerie La Palette Bleue, Anna Walt Massardy, La Palette bleue, 1969
- Jacqueline Sarment, Ville de Paris, maison de Balzac. Charles Huard, Maison de Balzac, 1969
- Dr G.-R. Rager, L'Infarctus ne tue pas, Flammarion, 1969
- Raoul Ponchon, La Muse frondeuse, B. Grasset, 1971
- Octave Mirbeau, Œuvre romanesque, Buchet-Chastel, 2000-2001, 3 vol.
Passez votre souris sur la photo pour accéder à son profil :
CITATIONS DE ROLAND DORGELES
L'expérience
ressemble aux cure-dents. personne ne veut s'en servir après vous.
Le dindon est un paon qui n'a pas réussi.
Les chansons, c'est comme les prières. Ça ne sert qu'à endormir le peuple.
On ne respecte que les femmes que l’on ne désire pas.
La vie est lunatique et se plaît à mener les événements comme une fantaisie, sans rime ni raison.
Le voyage pour moi, ce n'est pas arriver, c'est partir. C’est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain.
LIENS EXTERNES
Sur la route Mandarine: http://belleindochine.free.fr/LaRouteMandarine.htm
Témoignages 1914-1918: http://www.crid1418.org/temoins/2008/04/10/dorgeles-lecavele-dit-roland-1885-1973/
Le lapin Agile: http://www.barillot.com/montmartre_lapinagile.htm
Le lapin d'Agile: http://www.au-lapin-agile.com/
Le tableau est exposé au musée de Milly la Forêt: http://www.milly-la-foret.fr/spip.php?article1937
Un extrait du film Les Croix de Bois: http://www.dailymotion.com/video/x4oiv9_les-croix-de-bois-extrait_news
Le collège Roland Dorgelès à Paris: http://clg-dorgeles.scola.ac-paris.fr/