BIOGRAPHIE GRATUITE DE BLAISE PASCAL
"Pascal (1623-1662) est un génie élitiste qui pense que seul Dieu détermine le destin de chacun"
Frédéric Fabre
19 juin 1623: Blaise Pascal naît rue des Gras à Clermont-Ferrand.
L'université de la ville prendra son nom en hommage. Il est le fils d'Étienne
Pascal,
juriste, passionné de mathématiques et second président de la cour des
aides de Clermont et d'Antoinette Begon fille d'un marchand bourgeois. Sa soeur aînée, Gilberte a été baptisée
en 1620. C'est elle qui épousera Florin Perier en 1641.
1625: Jacqueline, la soeur cadette de Pascal naît.
1626: Sa mère Antoinette Begon meurt.
1631: En novembre, son père Étienne Pascal, ses deux sœurs Gilberte et lui -même s'installent à Paris rue de la Tissanderie près du quartier du marais. Il décide d’éduquer lui-même son fils qui montrait des dispositions mentales et intellectuelles extraordinaires. Très tôt, Blaise a une capacité immédiate pour les mathématique et les sciences. Il assiste aux conversations fréquentes de son père avec les principaux savants de l’époque : Roberval, Mersenne, Desargues, Gassendi et Descartes.
1633: Son père vend la maison familiale à Clermont.
1634:
Étienne Pascal vend sa charge pour tout placer en rentes sur l'hôtel de
ville, pensant ainsi assurer l'avenir de la
famille. Il se consacre entièrement à l'éducation de ses enfants. Il privilégie
l'étude des langues anciennes sur les mathématiques pour lesquels son fils a des
dispositions particulières.
1635: Très vite Blaise Pascal fait preuve de dons exceptionnels. A 12 ans, il démontre seul la trente-deuxième proposition d'Euclide qui édicte que la somme des angles d'un triangle est égale à deux angles droits. Stupéfié, son père l'emmène à l'Académie des sciences fondée par le philosophe Marin Mersenne. Ils se réunissent au couvent des minimes place Royale aujourd'hui place des Vosges à Paris. La famille s'installe alors dans l'aristocratique Faubourg Saint Germain près du Luxembourg.
1638: Étienne Pascal, ruiné par les dispositions fiscales
du Cardinal de Richelieu, prend part à une manifestation contre le non
paiement des rentes de l'hôtel de ville. Il doit quitter Paris avec sa
famille pour échapper à la Bastille.
1639: Le 3 avril, à l'issue d'une représentation de l'amour tyrannique de Scudéry, la sœur cadette de Blaise, Jacqueline qui y tient un rôle, dit un compliment bien tourné à Richelieu et obtient ainsi la grâce de son père.
1640: La famille Pascal peut alors s'installer à Rouen, où son père est nommé par Richelieu, adjoint de l'intendant de Normandie, chargé de collecter les impôts royaux et la levée des tailles.
Blaise Pascal publie son premier ouvrage : l'Essai sur les Coniques, qui le fait connaître dans le monde des savants français et européens. La majeure partie en est perdue mais grâce à Leibniz, un résultat essentiel et original en reste sous le nom de théorème de Pascal. A lire son travail si précoce et précis, Descartes croie qu’il n'est pas du fils mais du père.
1641: Gilberte, la soeur aînée de Pascal, épouse son cousin Florin Perier.
1642: Blaise Pascal met au point une machine
arithmétique capable d’effectuer des aditions et des soustractions
pour aider son père dans le calcul du prélèvement des impôts. Cette
invention vaut au jeune prodige une solide renommée dans le domaine des
sciences et des techniques. Il en écrit le mode d’emploi: Avis nécessaire à
ceux qui auront la curiosité de voir ladite machine et s’en servir.
Plusieurs exemplaires sont conservés, en France, au Musée des Arts et
Métiers à Paris et au musée de Clermont- Ferrand.
Bien que ce soit le tout début du calcul mécanique, la vente de la "Pascaline" est un échec commercial à cause de son coût élevé de 100 livres. Pascal améliore la conception de la machine pendant encore dix années et en construit une cinquantaine d’exemplaires.
1646: En janvier, le père de Blaise Pascal tombe sur la glace et se démet la cuisse. Il est soigné par deux gentilshommes, les frères Deschamps, qui lui prêtent des ouvrages jansénistes. Pourtant le jansénisme fait déjà l'objet, depuis 1641, de premières condamnations. Blaise Pascal et sa sœur Jacqueline qui ont de fréquentes conversations avec eux durant les trois mois du traitement de leur père, sont ébranlés par les idées jansénistes de ces messieurs de Port Royal.
Sous l'influence des
idées de Jean Duvergier de Hauranne, abbé de
Saint-Cyran pourtant disparu en 1643, la famille Pascal lit Le Discours de
la réformation de l'homme intérieur écrit en 1628 par Cornelius Jansen qui donne
son nom au jansénisme. La famille Pascal lit aussi L'Augustinus du même
Cornelius Jansen publié en 1640 et se convertit au christianisme austère.
Cette période constitue ce que l'on a appelé " la première conversion" de Pascal. Il est persuadé que suivre Copernic et Galilée pour libérer la physique du poids mort d'Aristote et de la Scolastique n’est que la démarche d’une vaine raison si la science ne jette pas l’homme au pied de la Croix.
A l'automne, Blaise Pascal et son père répètent pour la première en France, les expériences de Torricelli sur le vide. La théorie de Torricelli est révolutionnaire car aucun savant n'avait osé remettre en cause jusque-là le concept d'Aristote selon lequel "la nature a horreur du vide".
1647: De février à Avril, Pascal prend part à sa première polémique
théologique connue sous le nom
d'affaire sainte Ange. Jacques Forton, sieur de Saint-Ange, expose en privé
sa conception de la théologie et prétend démontrer rationnellement la
Trinité. Il a le tord de le faire auprès de Pascal et de deux de ses amis.
Les trois compères
rapportent les paroles de Saint-Ange auprès de l'archevêché de Rouen et
rédigent un très précis récit de deux conférences ou entretiens
particuliers. Saint-Ange doit alors se rétracter et renoncer à ses idées.
Pascal subit un mal nerveux qui le laisse rarement un jour sans souffrance. Les médecins lui recommandent l'arrêt de tout travail intellectuel intensif. Une attaque de paralysie l’atteint au point qu’il ne peut plus se mouvoir sans béquilles. Il a mal à la tête, des maux de ventre, ses jambes et ses pieds sont continuellement froids et demandent des soins pour activer la circulation sanguine. Il porte des bas trempés dans de l’eau-de-vie pour se réchauffer les pieds. Il s'installe rue Brisemiche près de l'Eglise Saint Merri à Paris avec sa sœur Jacqueline. Sa santé s’améliore mais son système nerveux est perturbé. Il est sujet à une profonde hypocondrie qui affecte son caractère et sa philosophie. Sujet à des accès de colère impérieuse, il est devenu irritable et sourit rarement.
Pascal rencontre Descartes, mais les deux hommes ne peuvent se mettre d'accord sur la question du vide.
1648: En juillet, son père revient à Paris. La famille
s'installe rue de Touraine dans le quartier du Marais. Pascal rencontre
Descartes qui lui inspire les
expériences du Puy-de-Dôme sur la pression atmosphérique.
En août, la Fronde contre la Monarchie débute. La famille Pascal la désapprouve.
Le 1er septembre, Blaise Pascal fait réaliser au sommet du Puy de Dôme, par son beau-frère Florin Perier, une expérience qui confirme les variations de la pression atmosphérique.
Le 19 septembre, Pascal renouvelle l'expérience dans la Tour Saint Jacques de la Boucherie.
En octobre, fort de ces deux expériences, Pascal publie le récit récit de la Grande Expérience de l'équilibre des liqueurs. Il conclue "La nature n'a aucune répugnance pour le vide (-) tous les effets qu'on a attribués à cette horreur, procèdent de la pesanteur et pression de l'air"
1649: La famille Pascal fuit les troubles de la Fronde et retourne à Clermont Ferrand pour se faire loger chez les Perier. Pascal continue ses expériences alors que Jacqueline s'enfonce dans une crise mystique.
1650: En novembre, la famille Pascal revient à Paris.
1651: Pascal travaille sur son traité du vide dont il ne
nous reste que la préface.
Le 24 septembre, le père de Pascal meurt. Suivant l'usage de l'époque, Jacqueline laisse sa part d'héritage à Pascal qui en retour, lui verse une rente viagère. La famille doit quitter la rue de Touraine pour s'installer rue de Beaubourg.
Le 17 octobre, Pascal écrit à sa sœur Gilberte, deux lettres de consolation dans lesquelles il émet des préceptes de conduites particulières pour ce deuil familial et développe une réflexion sur la nature de la mort. Ces deux lettres seront publiées à titre posthume, en 1670, avec les Pensées, sous le titre de Pensées sur la mort.
1652: Le 4 janvier, Jacqueline Pascal se retire à Port-Royal de Paris comme novice. Elle ne l'a pas fait avant car elle subissait l'opposition de son père. Pascal accepte mal qu'elle transgresse les souhaits de leur père. Au moment où elle doit passer ses voeux définitifs, il lui refuse une dote de nonne nécessaire pour lui offrir une place importante.
Pascal poursuit ses travaux scientifiques et termine sa pascaline. Il écrit à la reine Christine de Suède au sujet de sa machine à calculer.
Riche et célèbre, il mène une période de vie mondaine, avec notamment le chevalier de Méré et le riche Damien Mitton. Il prend une maison somptueusement meublée, avec beaucoup de domestiques et se fait conduire dans Paris avec une voiture tirée par quatre ou six chevaux. Il passe son temps en compagnie de beaux esprits, de femmes et de joueurs qui lui inspirent son travail sur les probabilités. Il fait des aller - retour à Clermont Ferrand pour séduire une jolie précieuse qu’il appelle la « Sapho de la campagne ». Le Discours sur les passions de l'amour a été longtemps attribué à Pascal alors qu'il est l'œuvre du chevalier de Méré
1653: Le 5 juin, au moment où le pape Innocent X condamne
cinq propositions de l'Augustinus de Jansénius, Pascal accepte enfin de
constituer une dote pour Jacqueline qui peut faire sa profession de foi.
Elle devient soeur Sainte Euphémie.
Il continue à mener à la fois une vie mondaine intense et une intense activité scientifique. Il rédige Le Traité du triangle arithmétique publié à titre posthume en 1665 mais acquiert une solide réputation de libertin.
1654: Jacqueline lui reproche sa frivolité et prie pour qu’il change de vie. Durant les visites à sa sœur à Port Royal, il montre du mépris pour les affaires du monde mais il n’est pas attiré par Dieu.
En septembre, il fait part de son dégoût du monde à Jacqueline : "un grand mépris du monde et un dégoût insupportable de toutes les personnes qui en sont". Ses propos sont repris dans une lettre de Jacqueline de Sainte Euphémie à sa soeur, Madame Perier.
Le 1er octobre, il se rapproche du monastère de port Royal de Paris en venant habiter près du Luxembourg au 54 de l'actuelle rue Monsieur le Prince.
Début Novembre, il a un accident sur le Pont de Neuilly où les chevaux plongent par-dessus le parapet. La voiture est près de les suivre mais l’attelage se rompt et la voiture reste en équilibre sur le bord du pont. Pascal et ses amis sortent vivants. Le philosophe hypersensible, terrifié par la proximité de la mort, s’évanouit et reste inconscient durant quinze jours.
La nuit du 23 Novembre, entre dix heures et demi et
minuit et demie, Pascal connaît une illumination "d'extase mystique" qui va
bouleverser son existence. Il écrit immédiatement pour lui-même en une note
brève, appelé le Mémorial qui commence par "Feu. Dieu d’Abraham, Dieu
d’Isaac, Dieu de Jacob, pas des philosophes ni des savants" avant d'affirmer
la certitude de sa foi et son engagement envers le Christ : "Certitude,
certitude, sentiment, joie, paix. Joie, joie, joie, pleurs de joie". Il
conclut par une citation du Psaume 119,16: «Je n’oublierai pas ces mots.
Amen.» Il coud soigneusement ce document dans son manteau et le transfère
toujours quand il change de vêtement. Un serviteur le découvrira par hasard
après sa mort. Cet épisode constitue la "seconde conversion" de Pascal.
Cette expérience mystique est décrite par sa sœur Gilberte comme un double renoncement, à la vie du monde et ses plaisir empestés, mais aussi aux sciences humaines notamment physiques et mathématiques vaines par rapport à la science divine.
1655: Du 7 au 28 janvier, il fait une retraite à Port Royal des Champs qui ne forme qu'une seule abbaye avec le monastère de Paris.
Il rédige l'Abrégé de la Vie de Jésus-Christ et en automne, les deux versions de l'Esprit de géométrie, textes essentiels sur la logique et la rhétorique de Pascal.
En décembre, il débute ses écrits sur la Grâce Divine.
1656: En janvier, il fait son second séjour à Port Royal des Champs
pour finir ses lettres sur la Grâce Divine. Il y rencontre Antoine Arnauld. Il vole
à son secours dans la querelle qui l'oppose aux jésuites et à la Sorbonne.
C'est la première lettre des Provinciales qui parait le 23 janvier. Son
titre complet est "Lettre escrite à un provincial
par un de ses amis sur le sujet des disputes présentes de la Sorbonne".
Ces lettres fictives sont adressées à un ami provincial qui n'est autre que Nicolas Pavillon, évêque d'Alet formé chez les lazaristes de Saint Sulpice et élève de Saint Vincent de Paul. L'évêché d'Alet est le plus petit d'Europe créé pour lutter contre les cathares. Il sera rattaché à l'Evêché de Carcassonne sous le premier empire. Nicolas Pavillon est directement lié au mystère de Rennes le Château situé à quelques kilomètres d'Alet les Bains et à l'origine de la fortune de l'intendant Fouquet.
17 lettres suivront et seront publiées une par une et anonymement. Il y défend la rigueur du jansénisme, notamment à partir de la question fondamentale de la grâce . La première lettre paraît le 23 janvier.
Le 24 mars,
Marguerite Perrier, la filleule de Pascal et fille de sa sœur Gilberte,
est guérie miraculeusement d'une fistule purulente à l'œil gauche dont elle
souffre depuis longtemps. Alors que rien ne pouvait la guérir et qu'elle
était promise à une mort prochaine, le contact de la Sainte-Épine, relique
de la couronne du Christ conservée à Port-Royal, la guérit instantanément.
Paris est impressionné par ce miracle qui donne un avantage certain aux
jansénistes contre les jésuites. Pascal écrit sur le miracle, de nombreuses
réflexions qui seront la source et l'objet des Pensées.
En août, "Le Rabat - Joie des Jansénistes" est publié par le jésuite Annat pour tenter de détruire l'avantage du miracle.
Le 26 octobre, Pascal écrit une lettre à Charlotte de Roannez sur le Dieu caché, une des clefs des pensées.
1657: Le 11 mars, la bulle Ad Sacram du pape Alexandre VII condamne les cinq propositions "au sens de Jansénius" sans en préciser le sens.
Le 17 mars, l'Assemblée du clergé décide d'imposer aux prêtres et aux religieuses, la signature d'un formulaire antijanséniste.
Le 24 mars, la dix-huitième et dernière lettre Provinciale est publiée.
Le 18 octobre, les Provinciales sont condamnées par le pape et mises à l'index.
En décembre, contre Les Provinciales parait l'Apologie pour les casuistes du père jésuite Pirot.
1658: En janvier, Pascal découvre les solutions du problème géométrique de la cycloïde.
Au printemps, Il rédige "La conversion du pêcheur et de la Comparaison des
chrétiens des premiers temps avec ceux d'aujourd'hui".
En mai, il écrit le cinquième écrit des curés de Paris qui recueille des signatures en faveur des jansénistes le 11 juin. Cette lettre aboutit à la condamnation de l'Apologie pour les casuistes.
En juin, il contacte par lettre circulaire les savants de l'Europe sur le problème de la cycloïde. Il débute ainsi une controverse scientifique.
En juillet, il écrit l'Art de persuader.
En octobre, Pascal expose lors d'une conférence à Port-Royal l'Apologie de la religion chrétienne, sorte de brouillon des Pensées.
Il rédige aussi l'Entretien avec Monsieur de Saci sur Épictète et Montaigne daté faussement de 1655.
1659: Il rédige ses impressions sur les traités européens sur la cycloïde et sur un traité qui fonde le calcul infinitésimal.
A partir de février, Pascal tombe gravement malade. Il ne peut même plus répondre aux lettres.
En novembre, il compose "La Prière à Dieu le bon usage des maladies".
1660: De mai à septembre, Pascal se rend à Clermont Ferrand se reposer chez sa soeur Gilberte. Il y écrit une grande partie des Pensées.
1661:
Grâce à ses connaissances en hydrostatique, il participe à l’assèchement des
marais poitevins, à la demande du Duc de Roannez.
Le 1er février, la polémique s'enfle entre les jansénistes et l'assemblée du clergé de France. Cette dernière impose la signature d'un formulaire à tout prêtre ou religieux.
Le 13 avril, la mesure de la signature du formulaire est validée par le Conseil d'Etat. Les petites écoles de Port Royal sont éparpillées. Les novices sont interdites d'entrer au monastère de Port Royal.
Arnaud et Nicole, deux des figures théologiques de Port Royal sont prêts à se soumettre, mais Pascal s'y oppose fermement dans un Ecrit sur la signature du formulaire. Port Royal ne le suit pas. Jacqueline accepte aussi de se soumettre.
Le 4 octobre, sa sœur Jacqueline meurt d'une péritonite. Pascal décide de stopper la polémique afin de plus se consacrer qu'à Dieu.
1662: Le 18 mars, Pascal invente avec le Duc de Roannez, la première ligne de "transports en commun", convoyant les passagers dans Paris avec "des carrosses à cinq sols" munis de plusieurs sièges.
En juin sa maladie s'aggrave. Conscient du fait qu'il a peu de chances de survivre, il songe à trouver un hôpital pour les maladies incurables, mais ses médecins le déclarent intransportable.
Le 29 juin, il est amené chez sa soeur Gilberte Perier au faubourg Saint Marcel, dans sa paroisse de Saint Etienne au Mont.
Le 19 Août, Pascal s'éteint 2 mois après son trente-neuvième anniversaire, à 1 heure du matin, après avoir prononcé ces dernière paroles : Que Dieu ne m'abandonne jamais !
Le 21 Août, il est enterré près d'un pilier de l'Eglise de Saint Etienne au Mont. Selon Gilberte Perier, l'autopsie révèle que "le crâne ne comportait aucune trace de suture autre que la lambdoïde… avec une abondance de cervelle, dont la substance était si solide et si condensée…".
1665: Le Traité du triangle arithmétique est publié à tire posthume.
PUBLICATIONS DES PENSEES DE PASCAL
1678: La
deuxième édition des Pensées augmentée d'une quarantaine de pièces, est à
nouveau publiée. Elle sera lue pendant près d'un siècle. C'est la deuxième
copie.
1684:
Gilberte Perier avait écrit une vie de Pascal qui est publiée à son insu à Amsterdam
chez le libraire Abraham Wolfgang. 1740: Le
Mémorial est publié pour la première fois dans le Recueil de plusieurs pièces
pour servir à l'histoire de Port Royal dit Recueil d'Utrecht.
1776: Condorcet publie une nouvelle édition des Pensées de Pascal.
1778: Condorcet publie une seconde édition des Pensées annotées de Voltaire.
1779: L'abbé Bossut publie une nouvelle édition répartie en fragments
profanes et en frag
1844: Sur la demande de Victor Cousin, Faugère publie une édition des Pensées de
Pascal en recherchant le texte exact et en rompant avec les améliorations de
Port Royal.
1897: Les éditions Brunschvicg répartissent les fragments des Pensées en 14
sections. Cette édition s'impose jusque 1977.
1962: Jean Mesnard publie 14 Pensées inédites dans ses oeuvres complètes de
Pascal.
1977: La collection la Pléiade publie les Pensées de Pascal conforme à la
première copie et améliorant l'édition Lafuma de 1951.
1991: L'Edition Sellier publie une seconde édition, la première date de 1976, en
intégrant à la deuxième copie, les apports décisifs de Pol Ernst auteur de Géologie et stratigraphie
des Pensées. C'est l'édition qui s'impose aujourd'hui.
Passez votre souris sur la photo pour accéder à son profil : LE JANSENISME AU XVIIe
SIECLE En France, le jansénisme est représenté
par Jean-Ambroise Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran correspondant de
Jansenius qu'il a rencontré à Louvain. Il sera protégé par la puissante famille
de noblesse de robe, la famille Arnaud qu'il a convertie. Mettant en pratique sa
vision augustinienne du Salut, il devient le directeur spirituel de l'abbaye de
Port Royal et de son abbesse, Angélique Arnauld. L'abbaye de Port Royal située à
Paris est disparue mais il reste l'abbaye de Port Royal des Champs située dans
la vallée de Chevreuse. Le jansénisme est au XVIIIe siècle, la
doctrine de la révolte des parlements contre le pouvoir royal. Les Pensées de
Pascal est le livre le plus lu des membres du parlements. Sous la révolution,
les jansénistes se rallieront tout de suite au tiers état et imposeront avec
l'abbé Grégoire, leur vision gallicane de l'Eglise par la constitution civile du
clergé.
LA GRACE DIVINE ET LE SALUT L'essentiel des débats ayant abouti au
jansénisme porte sur les relations entre la grâce divine que Dieu
Les jansénistes pensent que l''homme
est prédestiné et n'est sauvé que par la "grâce de Dieu". Peu importe ses choix
et son libre arbitre limité par la faute originelle d'Adam. Les jésuites pensent que l'homme
conserve son "libre arbitre" puisque le baptême lave de tout péché originel.
L'homme a la liberté de choisir entre le bien et la voie de Dieu ou le mal et l'enfert.
Voici les sources de cette discussion
philosophique et théologique: SAINT AUGUSTIN
(354-430) originaire de
l'actuelle Algérie, après une jeunesse tumultueuse, il se convertit au
catholicisme est devient évêque d'Hyppone et docteur de l'Eglise. Il déclare que Dieu est le seul à
décider à qui il accorde ou non sa grâce. Les bonnes ou mauvaises actions de
l'Homme par conséquent sa volonté et sa vertu, n'entrent pas en ligne de compte,
puisque le libre arbitre de l'Homme est réduit à néant par la faute originelle
d'Adam. Dieu agit sur l'Homme par l'intermédiaire de la grâce efficace, donnée
de telle manière qu'elle atteint infailliblement son but, sans pour autant
détruire la liberté humaine. L'Homme a donc un attrait irrésistible et dominant
pour le bien, qui lui est insufflé par l'action de la grâce efficace. PELAGE (350-420) originaire de Bretagne
Romaine, il se rend à Rome assiste au pillage de Rome par les Wisigoth en 410,
se rend en Afrique du Nord pour rencontrer Saint Augustin qu'il rencontre non
pas à Hyppone mais à Cartage. Il a une autre vision que lui sur la grâce: Il prétend que l'homme peut, par son
seul libre arbitre, s'abstenir du péché et pratiquer la vertu. Il nie la
nécessité de la grâce. Chacun est libre de choisir, Dieu accueille tous les
êtres humains pourvu qu'ils choisissent le bien ! SAINT THOMAS D'AQUIN (1225-1274) est le
théologien des dominicains, docteur de l'église célèbre pour la somme
théologique. Il pense que chaque être humain à une
part divine en lui. Par conséquent, la grâce divine était proposée à tout homme
mais que chaque individu peut l'accepter ou la refuser. Chaque être LES PROTESTANTS Martin Luther (1483-1546) considère que
l'homme est corrompu par le péché originel et que seule la Foi donnée librement
ou pas par Dieu permet d'être réceptif à la grâce divine. Dieu le père accueille
l’homme pécheur qui s’abandonne à lui. Le seul lien possible entre Dieu et les
hommes est la Foi. Les actes ne peuvent donc rien à eux seuls : il ne sert à
rien d’être charitable, généreux, pieux… si l’on n’a pas la Foi. Il faut d’abord
s’abandonner à Dieu pour ressentir la Foi ; les actes viendront ensuite
d’eux-mêmes, ainsi que le Salut. Par conséquent, l’homme n’a qu’un seul
guide infaillible pour trouver le bon chemin, c’est la Parole de Dieu. L' homme
est rendu capable par la puissance de l’Évangile d’abandonner son péché pour
trouver sa liberté en Christ. Dieu, le seul être entièrement libre puisque
l'homme est souillé par le péché originel donne à chaque homme la possibilité
d’accepter où de refuser la Parole et la Foi. Calvin (1509-1564) lie la grâce et le
salut. Celui qui n'a pas reçu la grâce ne peut être sauvé. Le libre-arbitre de
l'Homme est donc totalement nié. Les calvinistes mettent en avant la
prédestination de l'Homme, et ne lient pas explicitement grâce et
libre-arbitre. La grâce est ce qui permet à l'Homme d'être sauvé ou non, mais
l'Homme ne peut de toutes façons y résister puisque Dieu décide à qui il la
donne et que sa volonté est toute puissance et agissante. Pour savoir si Dieu a
choisi un homme ou une femme. Il suffit de regarder pour savoir s'il connaît ou
non le bonheur et s'il "réussit ou non sa vie". LE CONCILE DE TRENTE (1542-1463) Le concile appelé en 1542 par le pape
Paul III pour lutter contre les thèses protestantes, ne débutent qu'en
Le dogme du péché originel est défini
lors de la Ve session du 17 juin 1546. S'il touche
tous les hommes, il est effacé par le baptême : « en ceux qui sont nés de
nouveau, rien n'est l'objet de la haine de Dieu. » Par ce décret, le concile
s'oppose résolument aux thèses protestantes d'une nature humaine
irrémédiablement corrompue : l'homme n'est plus intrinsèquement pécheur, mais
entraîné au péché par la concupiscence, auquel il se doit de résister. Le concile aborde ensuite, dans sa VIe
session du 13 janvier 1547, le problème de la « justification », c'est-à-dire
des modalités du salut. Dans un très long texte de 16 chapitres et 33 canons, le
concile explique que la foi est à l'origine du salut de l'homme. Cependant, « personne
ne peut savoir, d'une certitude absolue de foi excluant toute erreur, qu'il a
obtenu la grâce de Dieu » : L'homme doit donc lutter sans cesse, et
progresser dans la foi par ses œuvres et une administration régulière des
sacrements. Le sacrement de pénitence permet ainsi au chrétien d'être de nouveau
justifié s'il s'est laissé aller à la concupiscence. LES JANSENISTES Il reprennent les positions de Calvin.
Ils seront appelés, une secte protestante à l'intérieur de l'Eglise:
Celui qui n'a pas reçu la grâce ne peut
être sauvé. Le libre-arbitre de l'Homme est donc totalement nié. Les calvinistes
mettent en avant la prédestination de l'Homme, et ne lient pas
explicitement grâce et libre-arbitre. La grâce est ce qui permet à l'Homme
d'être sauvé ou non, mais l'Homme ne peut de toutes façons y résister puisque
Dieu décide à qui il la donne et que sa volonté est toute puissance et
agissante. Toutefois, l'élu choisi par Dieu doit suivre les préceptes d'une vie
chrétienne et mener une vie austère. Sinon Dieu peut le rejeter et lui supprimer
sa grâce !
Les jésuites craignent que le principe
de la prédétermination décourage les chrétiens qui ne se sentiraient pas élus de
Dieu. Ils reprennent la position de Saint
Thomas d'Aquin qu'ils font nommer docteur de l'Eglise en 1567. Ils pensent que chaque être
humain à une part divine en lui. Par conséquent, la grâce divine était proposée
à tout homme mais que chaque individu peut l'accepter ou la refuser. Chaque être
humain garde son libre arbitre. Il choisit en toute liberté, soit la voie du
bien soit la voie du mal. Les jésuites combattent le jansénisme
sur un autre point. Le jansénisme devient une église de France sur le modèle
l'église anglicane en Angleterre et non pas une église en France soumise au
pape. UN CLIN D'ŒIL DANS LA
LITTERATURE DU XXème SIECLE La canadienne Antonine Maillet publie chez Grasset en
1979 Pélagie la Charrette qui nous conte les pérégrinations de Pélagie Blanc
qui lors du grand dérangement des acadiens en 1755, a du fuir avec plusieurs
de ses concitoyens de son village, l'autorité anglaise. Dans leurs
pérégrinations sur le continent nord américain, ils assistent à la guerre
d'indépendance et tentent de trouver un nouvel endroit pour vivre sans rien
obtenir. Elle et sa communauté sont persécutés et sont obligés de fuir
continuellement sans pouvoir trouver racine sur une terre. Si à bord de sa
charrette, elle peut choisir sa route et son destin comme le propose Pélage,
elle ne retrouve un sens à sa vie qu'en 1779 quand elle rentre en Arcadie.
Elle était prédestinée à vivre uniquement sur la terre des ses ancêtres.
Pélagie la Charrette qui a reçu le prix Goncourt est en ce sens, une œuvre
pascalienne !
Passez votre souris sur la photo pour accéder à son profil : LIENS EXTERNES
LE TEXTE DU CONCILE DE TRENTE:
http://lesbonstextes.ifastnet.com/trentetabledeschapitres.htm HISTOIRE DU JANSENISME AU XVIIe SIECLE: http://www.port-royal-des-champs.eu/Histoire/Histoire_jansenisme17e.htm LE MUSEE DE PORT ROYAL DES CHAMPS:
http://www.port-royal-des-champs.eu/ LES AMIS DE PORT ROYAL:
http://www.amisdeportroyal.org/ L'UNIVERSITE PASCAL:
http://www.univ-bpclermont.fr/ LA MAIRIE DE CLERMONT FERRAND:
http://www.clermont-ferrand.fr/Blaise-PASCAL.html PASCAL ET LEIBNIZ:
http://www.erwan.net/philosophie%20leibniz.htm LA VERITE CHEZ PASCAL:
http://www.unpoissondansle.net/rr/9703/index.php?i=2 LA FOI CHEZ PASCAL:
http://www.iesr.ephe.sorbonne.fr/index.html?id=4397 CENTRE INTERNATIONAL PASCAL:
http://odalix.univ-bpclermont.fr/Accueil.htm PASCAL EN AUVERGNE:
http://www.auvergne-centrefrance.com/dossiers_histoire/blaise_pascal.htm
D'Autres Biographies de Blaise PASCAL DES LYCEES PORTENT LE NOM BLAISE PASCAL POUR
LUI RENDRE HOMMAGE : LE LYCEE BLAISE PASCAL D'ORSAY :
http://www.lyc-pascal-orsay.ac-versailles.fr LE LYCEE BLAISE PASCAL DE BRIE COMTE ROBERT:
http://www.blaisepascalbrie.ac-creteil.fr/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE ROUEN :
http://lycees.ac-rouen.fr/pascal/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE CLERMONT FERRAND :
http://lycee.blaisepascal.fr/ LE LYCEE BLAISE PASCAL D' AMBERT :
http://www.lyc-ambert.ac-clermont.fr/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE CHATEAUROUX :
http://legt-pascal-chateauroux.tice.ac-orleans-tours.fr/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE SAINT DIZIER :
http://www.lyc-blaise-pascal.ac-reims.fr/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE COLMAR :
http://www.lycee-pascal-colmar.net/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE FORBACH :
http://www.blaise-pascal-forbach.fr/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE LONGUENESSE :
http://www5.ac-lille.fr/~longuenesseci/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE SEGRE :
http://lyc-pascal-49.ac-nantes.fr/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE SAINT JEAN D'ANGELY :
http://lp-blaisepascal.net/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE CHARBONNIERE LES BAINS :
http://www2.ac-lyon.fr/etab/lycees/lyc-69/bpascal/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE DANANG AU VIET NAM :
http://www.blaisepascaldanang.fr/spip/ LE LYCEE BLAISE PASCAL D'ABIDJAN EN COTE D'IVOIRE :
http://www.blaisepascal.ci/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE LIBREVILLE AU GABON :
http://www.lyceeblaisepascallibreville.com/ LE LYCEE BLAISE PASCAL DE MOHAMMEDIA AU MAROC :
http://www.lyceepascal.com/
1670: Le 2 janvier, les Pensées de Pascal sur la religion et sur quelques autres
sujets, sont publiées par sa soeur Gilberte avec une préface d'Etienne Perier.
C'est la fameuse édition appelée de Port Royal ou première copie.
ments
religieux. Cette édition s'impose jusqu'à celle de Brunschvicg.
Le jansénisme doit
son nom à l'évêque d'Ypres Cornelius Jansen (1585- 1638) dit Jansenius, auteur
de son texte fondateur l'Augustinus, publié à titre posthume en 1640. Le
jansénisme prend son essor sous les règnes de Louis XIII et Louis XIV et demeure
un courant important sous ceux de ses successeurs. C'est d'abord une réflexion
théologique centrée sur le problème de la grâce divine, avant de devenir une
force politique qui veut réorganiser l'Eglise catholique et fixer la place du
clergé et des chrétiens dans la société.
accorde
aux hommes et la liberté humaine dans le processus du Salut.
humain garde son libre arbitre. Il choisit en toute liberté, soit la voie du bien soit la
voie du mal. Il écrit dans la somme théologique: "L’homme possède le libre
arbitre, ou alors les conseils, les exhortations, les préceptes, les
interdictions, les récompenses et les châtiments seraient vains."
1545 et
après de multiples coupures et transport en d'autres lieux se termine en 1463.
Le concile marque la coupure entre la pensée médiévale de Saint Thomas d'Aquin
et l'âge classique de l'Eglise.
LES JESUITES
LE CATECHISME DU CONCILE DE TRENTE:
http://catechisme.free.fr/trente/index.html