BIOGRAPHIE DE CHARLES PERRAULT

"Charles Perrault (1628-1703) est connu pour ses contes alors qu'il est avant tout le théoricien des modernes"
Frédéric Fabre

CONTES ET LIVRES GRATUITS DE PERRAULT

12 janvier 1628: Naissance à Paris de Charles et de son frère jumeau François qui mourra six mois plus tard.

Son père Pierre Perrault, originaire de Tours est avocat au parlement de Paris. Avec sa mère Paquette Leclerc, il forme une puissante famille de la bourgeoisie d'offices devenues noblesse de robe et imprégnée de jansénisme.

Charles est le cadet d'une famille de deux sœurs et quatre frères qui se sont illustrés sous le règne de Louis XIV: Jean est avocat, Pierre est receveur général avant de devenir premier commis de Colbert, Nicolas est théologien et vibrant défenseur du jansénisme, Claude est médecin et architecte.

1637: Charles commence ses études au collège de Beauvais à Paris et y rencontre Beaurain.

1643: Perrault ne termine pas sa classe de philosophie au collège. Il est entré en conflit avec ses maîtres pour avoir osé lire et défendre "Le Discours de la méthode" de Descartes, ouvrage alors jugé "téméraire et condamnable". Avec son camarade Beaurain, il fuit le collège et apprend, à son rythme et selon ses désirs. Au bout de quatre ans, les deux autodidactes deviennent très cultivés. Perrault confie dans ses  Mémoires : "Si je sais quelque chose, je le dois particulièrement aux trois ou quatre années d'étude que je passai ainsi".

1647: Il débute ses études de droit.

1648 : Il fait une traduction burlesque du livre VI de l'Énéide, en collaboration avec son ami Beaurain.

1649: Il commence à écrire avec deux de ses frères un poème : Les murs de Troie ou l'origine du burlesque.

1651: Après sa licence de droit, il devient avocat à l'âge de 23 ans. Il écrit deux poésies galantes et précieuses: Dialogue de l'amour et de l'amitié et Le miroir ou la métamorphose d'Orante.

1653: Publication du poème Les Murs de Troie ou l'origine du burlesque qui attaque avec verve, l’Antiquité.

 

   

Le timbre français est la reproduction d'une gravure de Gustave Doré.

1654: Charles renonce au barreau et devient le commis dans l’administration de la Recette Générale des finances alors dirigée par son frère aîné Pierre. Grand travailleur, aimable, spirituel, il est fort apprécié de la Cour. Son caractère et ses écrits pour louer le roi lui assureront une ascension sociale rapide.

1659: Publication du Portrait d'Iris, du Portrait de la voix d'Iris et d'une Ode pour célébrer le traité des Pyrénées, traité qui mit fin à la guerre qui opposait depuis 1635 la France aux Habsbourg d'Espagne.

1660: Publication du Dialogue de l'amour et de l'amitié et d'une Ode pour célébrer le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche.

1661: Ode pour célébrer la naissance du Dauphin Louis, unique fils de Louis XIV.

1663: Charles est nommé secrétaire de la Petite Académie fondée par Colbert. Elle deviendra la future Académie des Inscriptions et des Belles Lettres. Perrault est plus particulièrement chargé du mécénat royal et du contrôle des œuvres littéraires. La même année, il devient commis de Colbert. Il écrit un Discours sur l'acquisition de Dunkerque par le Roi.

1665: Il est promu à la fonction de premier commis des bâtiments du roi. Il s'occupe, entre autres projets, de celui de l'aménagement du Louvre. Louis XIV préféra ses propositions à celles du Bernin pour la Colonnade du Louvre. Son frère Claude en sera l'architecte. Charles fait renoncer à Colbert, son projet d'interdire au public l'accès du jardin des Tuileries.

1667: Charles fait construire l'Observatoire du Roi d'après les plans de son frère Claude.

1668: Il publie deux poèmes: La Peinture et Le Parnasse poussé à bout.

1669: Il publie Courses de têtes et de bagues faites par le Roi et par les Princes et Seigneurs.

1671: Nommé à l'Académie française, il en devient le chancelier. Il introduit la tradition du discours de réception à l'Académie, institue les jetons de présence, l'élection des nouveaux membres et prend part à la fondation de l’Académie des Beaux-arts.

1672: Il épouse Marie Guichon, de vingt quatre ans sa benjamine.

1673: Il devient aussi bibliothécaire de l'Académie française. Il y est considéré comme le porte parole de Colbert.

1673-1678: Il a quatre enfants, une fille et trois garçons

1674: Il publie une Critique de l'Opéra

1678: Sa femme meurt des suites de sa dernière couche.

1679: Il publie une Harangue faite au Roi après la prise de Cambrai.

1680: Il se retire de sa fonction de premier commis du roi des bâtiments, au profit du fils de Colbert.

1681: Il publie un Poème à la Louange de Monsieur Brun.

1682: Il publie Le Banquet des Dieux pour la Naissance de Monsieur le Duc de Bourgogne.

1683: Mort de Colbert, l'ascension sociale de Perrault et ses responsabilités sont stoppées net avec la nomination de Louvois, ancien adversaire de Colbert, comme chancelier de Louis XIV. Il est destitué de ses fonctions et ne perçoit plus de pension. Racine et Boileau arrivent à persuader Louvois de le rayer de la liste des membres de la Petite Académie. Il est remplacé par Félibien. Elle comprenait alors trois autres membres, Charpentier, l’abbé Tallemant et Quinault. Charles Perrault se retrouve en «retraire forcée» et décide de se retirer de la vie publique pour se consacrer à l'éducation de ses enfants et à sa passion, l'écriture.

1685: Publication de "Aux Nouveaux Convertis" composé à l'occasion de la révocation de l'Édit de Nantes.

1686: Publication de Saint Paulin, dédié à Bossuet et d'une Épître chrétienne sur la pénitence.

1687: Publication de Le siècle de Louis Le Grand. Avec la lecture du 27 janvier, de son poème à la gloire du roi, Perrault expose devant les académiciens l'idée contenue dans ces deux vers: «Que l'on peut comparer, sans crainte d'être injuste, le siècle de Louis, au beau siècle d'Auguste.» Il lance ainsi la première querelle des anciens et des modernes en pensant que les modernes sont supérieurs aux anciens.
Les Académiciens le soutiennent, Boileau s’indigne et Racine le tourne en ridicule.

1688 - 1690 - 1691 - 1697: Perrault rassemble ses arguments dans "Parallèle des Anciens et des Modernes en ce qui regarde les arts et la Science" où il défend les thèses selon laquelle les modernes sont supérieurs ou égaux aux anciens. Il met Quinault bien au-dessus de Racine et Lebrun bien au-dessus de Raphael ! La polémique ne peut qu'enfler.

1688: Publication d'une Ode à Monseigneur le Dauphin sur la prise de Philisbourg.

1690: Publication d'un recueil d'Estampes commentées par Perrault : Le Cabinet des Beaux Arts.

1691: Début de la publication des contes en vers avec la marquise de Saluces ou la patience de Grisélidis. Le genre des contes de fées est à la mode dans les salons mondains : les membres de la haute société assistent aux veillées populaires et prennent note des histoires qui s'y racontent. Boccace avait déjà écrit une première version de la Belle au Bois dormant.

Publication d'une Ode Au Roi, sur la prise de Mons.

1692: Publication de La Création du Monde et d'un poème humoristique: La Chasse.

1693: Un deuxième conte Des souhaits ridicules, est publié dans la revue le "mercure galant". Publication de Dialogues d'Hector et d'Andromaque. 

1694: Publication de Peau d'âne complété Des souhaits ridicules et de La marquise de Saluces ou la patience de Grisélidis, tous trois précédés d'une préface. Ses contes ne sont pas critiqués par les classiques puisque leur forme est en vers et qu'ils sont signés du nom de son fils Pierre Perrault.

«Si Peau d'Âne m'était conté
J'y prendrais un plaisir extrême.»
Jean de La Fontaine, Fables, le Pouvoir des fables.

Charles Perrault écrit la préface du dictionnaire de l'Académie française.

Publication de L'Apologie des Femmes en réponse aux sarcastiques "Réflexions critiques sur quelques passages du rhéteur Longin" de Boileau. Il acquiert ainsi à la cause des modernes, toutes les femmes du royaume. Il publie aussi Le Triomphe de sainte Geneviève et L'Idylle à Monsieur de la Quintinie.

1696: Publication de La belle au bois dormant dans le mercure galant.

1696 - 1700:  Publication "Des Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, avec leur portrait au naturel" ouvrage composé de cent portraits et éloges pour démontrer que les modernes n'ont vraiment rien à envier aux anciens.

1697: Publication d'un poème: Adam, ou la création de l'homme.

Première édition par Claude Barbin des contes en prose sous le titre "Les Contes de ma mère l'Oye des Histoires ou contes du temps passé". Recueil de huit contes merveilleux issus du folklore national signé du nom de son jeune fils de dix-neuf ans, Pierre Perrault d'Armancour, précédé d'une dédicace à Elisabeth Charlotte d'Orléans, petite nièce de Louis XIV.

Charles venait d'acquérir le domaine d'Armancour pour son troisième fils Pierre qui aspirait à devenir le secrétaire de "Mademoiselle" Elisabeth Charlotte d'Orléans. La dédicace des contes signés du fils, avait pour but de confirmer la sympathie de "Mademoiselle" pour Pierre. 

Ces Récits issus de la tradition populaire orale, transmis essentiellement par les femmes, nourris en partie de l'imaginaire médiéval légendaire, chevaleresque et courtois, de textes narratifs de la Renaissance italienne, sont totalement étrangers à la tradition littéraire de l'Antiquité. Leur publication sert le combat que mène Perrault en faveur des Modernes. Par leur style simple et naïf, par leur douceur et le fait qu'ils soient écrits en prose, les contes correspondent à l'image que les Modernes se font de la langue française et s'opposent à l'académisme des Anciens.

Perrault consacre ainsi le genre littéraire des contes de fées: récits appartenant au genre merveilleux et fondés sur un schéma narratif immuable. La prétendue destination des Contes aux enfants par des moralités rajoutées après chaque histoire pour expliquer les valeurs illustrées, est une subversion du genre. Ce procédé répond à une idéologie: la langue des contes est alors considérée comme la langue des nourrices, et donc, métaphoriquement, comme la langue maternelle de la France préférée au grec et au latin. Issus du folklore populaire français, les contes adaptés littérairement par Perrault n'appartiennent aucunement à la littérature enfantine, mais à une littérature orale, mouvante, destinée aux adultes des communautés villageoises, faits pour être lus le soir, à la veillée.

   

Le timbre français est la reproduction d'une gravure de Gustave Doré.

Le passage des contes à la culture de salon du XVII e siècle, implique pour Perrault un processus de transformation paradoxalement aussi profond que peu visible. Le Petit Chaperon rouge des versions orales dévorait la chair de sa mère-grand et s'abreuvait de son sang. Cendrillon jetait du sel dans la cendre en faisant croire qu'elle avait des poux pour qu'elle puisse être tranquille. Les Contes de Perrault sont le résultat d'une censure assez nette de tous les éléments et des motifs qui, dans la version originale, peuvent choquer ou simplement ne pas être compris par un public mondain. Perrault ne se contente pas de retrancher ce que les contes pouvaient avoir de vulgaire. Il transforme le récit et l'adapte à la société de son temps, ajoutant des glaces et des parquets au logis de Cendrillon, restituant l'action du Petit Poucet à l'époque de la grande famine de 1693.

Parallèlement, il les teinte d'un humour spirituel, agrémente le récit de plaisanteries destinées à ne pas prendre le merveilleux des contes trop au sérieux, déclarant par exemple que l'ogresse de La Belle au bois dormant veut manger la petite Aurore à la sauce Robert, que Le prince et sa belle "ne dormirent pas beaucoup" après leurs retrouvailles, ou encore que les bottes du Chat botté n'étaient pas très commodes pour marcher sur les tuiles des toits.

Il adapte son style pour rappeler l'origine orale des contes et leur vivacité, en multipliant les archaïsmes et les tournures vieillies, utilisant le dialogue, le présent de narration ou le jeu des formulettes comme «Anne ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?» ou «Ma mère-grand, comme vous avez de grands bras».

Intégrant les éléments populaires du conte à une trame romanesque, Perrault transforme le conte populaire, en réalisant un des chefs-d'œuvre de la littérature universelle et sauve de l'oubli huit récits traditionnels, aujourd'hui encore célébrissimes : Riquet à la houppe, La Belle au bois dormant, Le Petit Chaperon rouge, La Barbe-bleue, Cendrillon ou La Petite Pantoufle de vair, le Maître Chat ou le Chat Botté, le Petit Poucet, les Fées.

l'Ogre du petit poucet par Gustave Doré

Perrault reste pourtant le plus méconnu des classiques: très peu connaît sa version des contes : chez Perrault, le petit chaperon rouge et sa grand-mère finissent mangées par le loup : la version postérieure où le chasseur les sort du ventre est de Grimm. De même, c'est dans Disney que le baiser du prince réveille la Belle au Bois Dormant : chez Perrault, elle se réveille toute seule. De plus, la postérité a préféré ne garder que ce que Perrault appelait le «conte tout sec», en oubliant les moralités.

1698: Publication d'un Portrait de Bossuet et d'un essai A Monsieur de Callières sur la négociation de la Paix.

1699: Début de la rédaction des Mémoires de ma vie, autobiographie écrite à l'intention de ses enfants. Traduction des Fables de Faërne.

1700: mort de son plus jeune fils, Pierre. Réconciliation entre Perrault et Boileau sur le principe que les modernes devaient la plupart de leurs qualités à l'imitation des anciens mais que le Siècle de Louis le Grand est supérieur à celui d'Auguste, non seulement dans les sciences et les arts mais dans certains cas en lettres. En fait chacun reste sur ses convictions fondamentales, Perrault continue à penser que les modernes sont supérieurs aux anciens et Boileau considère que les modernes ne peuvent être remarquables que quand ils imitent les anciens.

1701: Publication d'une Ode au Roi Philippe V, allant en Espagne.

1702:  Publication d'une Ode pour le Roi de Suède.

1703: Publication d'une satyre, Le Faux Bel Esprit et Le Roseau du Nouveau Monde un poème sur la canne à sucre.

Le 16 mai Charles Perrault meurt à Paris à l'âge de 75 ans.

1755: Publication de Mémoires de ma vie qui renferment beaucoup de particularités et d’anecdotes intéressantes sur le ministère de Colbert.

1836: Les contes de Perrault sont publiés avec les dessins de Paul Lacroix et Walckenaer

1862: Les contes de Perrault sont publiés avec les dessins de Gustave Doré dont le portrait est à droite.

1868: Publication de deux comédies: L'Oublieux et Les Fontanges.

1901: Publication de L'Enéide Burlesque.

IMPRIMEZ LA BIOGRAPHIE

CITATIONS DE CHARLES PERRAULT

"Tire la chevillette, la bobinette cherra."
Le Petit Chaperon rouge

"Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir?" Et la soeur Anne lui répondait : "Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie."
Barbe-Bleue

"Il flairait à droite et à gauche, disant qu'il sentait la chair fraîche."
Le Petit Poucet

"Le conte de Peau d'Ane est difficile à croire,

Mais tant que dans le monde on aura des enfants,
Des mères et des mères-grands,
On en gardera la mémoire."
Peau d'Ane

"Pour moi, j'ose poser en fait
Qu'en de certains moments l'esprit le plus parfait
Peut aimer sans rougir jusqu'aux marionnettes."
Peau d'Ane

"Aux jeunes gens pour l'ordinaire
L'industrie et le savoir-faire
Valent mieux que des biens acquis"

LES CONTES ET LIVRES DE PERRAULT

LIENS EXTERNES

D'autres Biographies de Charles PERRAULT

Interprétation des contes de Perrault:  http://www.ricochet-jeunes.org/fichiers/perrault/intro.asp

de Gustave Dorée à Perrault: http://www.lettres.ac-versailles.fr/article.php3?id_article=782

Préparation au Bac: http://www.ac-amiens.fr/pedagogie/lettres/lycee/perrault/

Institut international Charles Perrault: http://www.institutperrault.org/

 

 contactez nous par téléphone ou par e mail:

  webmaster@fbls.info