BIOGRAPHIE DE VERLAINE

"La poésie sublime de Verlaine (1844-1896) est le pur produit de la "fée verte"
l'absinthe interdite en 1915 et à nouveau autorisée en 2005 en Suisse et en 2011 en France"
Frédéric Fabre

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- la biographie et les citations de Verlaine

- l'histoire de l'absinthe

LES POÈMES GRATUITS DE VERLAINE

Naissance le 30 mars 1844 au 2 de la Haute-Pierre à Metz, dans une famille bourgeoise, aisée, originaire des Ardennes. Il est  fils de Nicolas-Auguste originaire du Luxembourg belge, soldat de Napoléon devenu capitaine du génie en garnison dans la cité et d’Élisa Stéphanie Dehée native de Fampoux, dans le Pas-de-Calais. Son père est autoritaire. Sa mère chétive, pieuse et abusive, portera sa vie durant une affection aveugle à ce fils si faible devant la boisson. Ses parents ont recueilli leur nièce Elisa Moncomble en 1836. Elle jouera auprès de Paul à la fois le rôle de grande sœur et de cousine. Enfant unique longtemps désiré, il est choyé par sa mère et sa cousine qui lui passent tous ses caprices.

1845-1849: Fréquents changements de garnison du capitaine Verlaine. Près de Bouillon, en Belgique, le petit Paul passent d'heureux étés dans la famille paternelle, au milieu des paysages des bords de la Semois qui alternent labours, herbages, bois épais et marais.

1849: Retour du capitaine Verlaine et de sa famille à Metz. Le petit Paul enfant évoquera dans ses "Confessions" ses jeux sur l'Esplanade.

1851: A la retraite du capitaine, la famille Verlaine s'installe à Paris, dans le quartier des Batignolles.

1853: En octobre, Verlaine devient interne à l'Institution Landry, rue Chapsal, à Paris.

1855: Tout en demeurant pensionnaire à l'Institution Landry, Verlaine suit les cours du Lycée Condorcet, alors appelé Lycée Bonaparte. Verlaine écrit à Victor Hugo et lui envoie ses premiers vers.

1857: La famille Verlaine emménage au 28 rue Truffaut.

1859: La famille Verlaine emménage au 10 rue Nollet alors appelée rue Saint-Louis jusqu’en 1864.

1860: Verlaine entre en Seconde et se lie d'amitié avec Edouard Lepelletier. 

1862: Bachelier ès Lettres. Verlaine commence à fréquenter les cafés du Quartier Latin. il se laisse couler dans les délices de Baudelaire et de la « fée verte », l'absinthe. Il commence ses études de droit. Avec son ami Edouard Lepelletier, il fréquente le salon de la marquise de Ricard et rencontre chez elle les premiers Parnassiens ainsi qu’Alphonse Lemerre, futur éditeur.

 1863: En avril, une œuvre de Verlaine, Monsieur Prud'homme qui sera plus tard repris dans les Poèmes saturniens, est publié dans La Revue du progrès moral, littéraire, scientifique et artistique dirigée par son ami Louis Xavier de Ricard. À cette occasion, Verlaine rencontre les poètes parnassiens les plus connus notamment Leconte de Lisle, Sully Prudhomme, Dierx, Banville, Villiers, Chabrier, Heredia, Coppée et Catule Mendès.

Durant l'été, il passe ses vacances chez sa cousine, Élisa Moncomble, dont il tombe amoureux. C'est un amour secret car elle est mariée depuis 1858. La famille Verlaine emménage à nouveau au 45 rue Lemercier.

1864: Il abandonne ses études de droit pour entrer dans la compagnie d'assurance l’Aigle.

1865: La famille Verlaine s’installe alors au 14 rue Nicollet. Le 1er janvier, Verlaine occupe un poste d'expéditionnaire à l'hôtel de ville du neuvième arrondissement de Paris. Il publie de nouveaux poèmes, notamment Nevermore. Le capitaine Nicolas Verlaine meurt.

Il publie aussi en novembre dans La revue L’Art un grand article sur Baudelaire.

LECONTE DE LISLE EST LE CHEF DE FILE DES PARNASSIENS

1866: Paul et sa mère vivent au 3e étage du 26 rue Nicollet. Il est expéditionnaire de l’ordonnancement à la préfecture de la Seine.

En avril, Le Parnasse contemporain publie sept poèmes de Verlaine et, en novembre, Les Poèmes saturniens sont édités à compte d'auteur grâce à l'argent d' Elisa Moncomble. C'est un échec commercial mais une réussite auprès des critiques. Dans ses poèmes à la musicalité lyrique et singulière, Verlaine exprime les élans et les chutes de l'âme, transposant ses sentiments en impressions et en sensations à travers des paysages nostalgiques ou raffinés. Les vers saturniens sont inspirés des vers saturniens italiques (ou étrusques?) est composé d'un système rythmique à deux parties égales sans se préoccuper des règles métriques en nombre de jambes . Un vers saturnien peut se composer d'un nombre de jambes plus ou moins longs: seul le rythme compte. Deux exemples célèbres de vers saturniens: Dabunt malum Metelli // Naeuio Poetae (Les Métellus rosseront le poète Naevius) ou Rodlanz ferit // el pedron de Sartaigne (Roland frappas sur le bloc de rocher).  

1867: Sa cousine Elisa meurt à l'âge de 31 ans. Elle  lui a inspiré quelques poèmes. Verlaine noie son chagrin dans l'alcool. Il visite Victor Hugo.

Publication discrète à Bruxelles par Poulet-Malassis, de "Les Amies". 

1868: Verlaine rencontre Charles de Sivry, musicien au Chat noir, demi-frère de Mathilde Mauté de Fleurville et membre du groupe des futurs Vilains Bonshommes. Il fréquente le salon de Nina de Villard alors séparée de son mari Hector de Callias. En mai, un jugement du tribunal correctionnel de Lille condamne Les Amies, qui paraîtront à nouveau en 1870, sous le sous-titre de Scènes d’amour saphique.

1869: Le 20 février,  il fait paraître Fêtes galantes chez Lemerre, toujours à compte d’auteur.

Ayant rencontré Mathilde, demi-soeur du compositeur Charles de Sivry, chez ce dernier en juin, il lui fait la cour. La Bonne Chanson relate l'évolution de ses sentiments pour Mathilde à cette époque. Pendant qu'elle effectue des séjours au grand air au château de Bouëlle, près de Neuchâtel-en-Bray, il mène une existence crapuleuse à Arras, au 21 rue de la Paix. Les 23, 24 et 25 mars 1869, à Paliseul, alors que sa tante vient de mourir, il scandalise le village par son ivrognerie. Le 4 juillet, ivre, il tente de tuer sa mère. Il refait une nouvelle tentative, le 10. En octobre, il demande officiellement Mathilde en mariage. A côté, il se lie d’amitié avec Lucien Viotti, ex-condisciple avec lequel il s’essaye au théâtre (Vaucochard-fils 1er)

1870: Les Amies, paraissent à nouveau sous le sous-titre de Scènes d’amour saphique.

En juin, la Bonne Chanson paraît chez Lemerre.

Le 11 août, apparemment assagi, il épouse Mathilde Mauté de Fleurville, âgée de dix-sept ans à peine, à l'église Notre-Dame de Clignancourt. Le couple s’installe ce même mois au 2 rue du Cardinal-Lemoine. Verlaine essaie de se ranger dans une vie bourgeoise, aspirant à une vie «simple et tranquille» mais Mathilde ne sera jamais l’épouse très aimante dont rêve Paul et l'histoire le rattrape: Arthur Rimbaud lit les Fêtes galantes. En septembre, au début du siège de Paris, il s’engage comme Garde national tout en acceptant le poste de commis-rédacteur au bureau du Domaine de la ville de Paris.

1871: Verlaine commence l'année à Paris, malgré la Commune et l'ordre de Thiers de quitter la capitale, puis de juin à août, il se replie vers Fampoux dans le pas de Calais avec son épouse par peur des représailles. Il demande aux correspondants auxquels il ne veut pas révéler son adresse de lui envoyer leur courrier au 12 rue de Lyon, domicile de son ami, Jean-Baptiste Istace qui hébergera plus d’une fois le poète et sa mère. Le 11 juillet, il est révoqué de son poste à la Mairie de Paris. Alors que le jeune couple est logé depuis août, chez les parents de Mathilde rue Nicollet,  il reçoit en septembre une première puis une seconde lettre signée du jeune Arthur Rimbaud de Charleville; y figurent quelques poèmes notamment "Les Effarés" et "Accroupissement". Verlaine enthousiaste lui répond : "venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend". Quelques jours plus tard « le voleur de feu aux semelles de vent » arrive à Paris. Les poètes affichent des relations alors considérées comme scandaleuses dans les cafés de la ville. Verlaine devient l'amant -père du jeune prodige de seize ans. À la même époque, Verlaine bat sa femme et la menace de mort. Le 30 octobre, Mathilde accouche d'un garçon qui sera nommé Georges.

Tableau de Fantin Latour : Verlaine et Rimbaud sont assis à gauche

1872: L'année est marquée par de nombreux allers et retours de Verlaine entre Rimbaud et Mathilde Mauté. Verlaine est écartelé entre sa vie de famille et son amour pour Rimbaud. Indécis, il boit de plus en plus. Ils fréquentent le cercle des poètes Zutiques qui se réunit à l’Hôtel des Étrangers boulevard Saint-Michel et collaborent à l’Album collectif du groupe. Malgré leur largeur d’esprit, ces jeunes poètes dont Mallarmé sont scandalisés par la violence et l’attitude grossière de Rimbaud.

En janvier, victime de violences conjugales de plus en plus graves, Mathilde s’enfuit avec son fils Georges et se réfugie à Périgueux. En février, Mathilde demande la séparation. Verlaine vit jusqu’à la mi-mars à Paris avec Rimbaud pour qui, il écrit Ariettes oubliées. Pour calmer l'épouse outragée, le poète éloigne Rimbaud. Puis sur sa promesse faite à sa femme de rompre avec Arthur rentré à Charleville, elle accepte de reprendre la vie commune.

De retour à Paris en mai, Arthur contacte Verlaine et tente de le convaincre de partir avec lui. L'adolescent publie les quelques pages qui bouleverseront la littérature moderne, Une saison en enfer. En juillet, c'est l'échappée belle : l'adolescent a été le plus persuasif. Voilà les deux amants sur la route de Bruxelles. Verlaine écrit alors futurs Paysages belges de Romances sans paroles.

Décidée à ramener son mari à la maison, Mathilde part les rejoindre avec sa mère le 22 juillet. Toutes les deux parviennent à entraîner Verlaine jusqu’à la frontière mais il les abandonne brusquement dans la gare et choisit de rejoindre Rimbaud. Mathilde rentre à Paris et demande la séparation de corps et de biens. Le 7 septembre, Verlaine et Rimbaud voyagent entre Ostende et Douvres, puis gagnent Londres. Sur les conseils de sa mère, Rimbaud rentre à Charleville en décembre. Pour Verlaine, l'année se termine à Londres.

1873: Resté seul, Verlaine déprime et tombe malade. Il est soigné par sa mère en janvier 1873. Rimbaud vient le rejoindre. Ex-communard, Verlaine est surveillé de loin par la police et se cache. Il repart à Namur le 4 avril pour essayer de se réconcilier avec sa femme, mais elle ne veut rien entendre. Verlaine menace de se tuer si Mathilde ne reprend pas la vie commune. De retour sur le continent, Verlaine travaille à Romances sans paroles. Fin mai, Verlaine et Rimbaud sont de retour à Londres. Le couple vit de l’argent de la mère de Verlaine et de leçons de français.

Le 3 juillet, à la suite d’une violente dispute qui n’est qu’un prétexte, Verlaine quitte Rimbaud. Verlaine loge depuis le 4 juillet à l’Hôtel liégeois, 1 rue du Progrès. Il supplie sa femme de le rejoindre. Il veut essayer une dernière fois de parlementer avec sa femme et menace de se brûler la cervelle si elle ne vient pas au rendez-vous. Le 5, Madame Verlaine mère retrouve son fils à Bruxelles. Rimbaud convoqué par télégramme, arrive le 8. Les deux hommes s’installent aussitôt à l’hôtel de Courtrai, 1 rue des Brasseurs, à l’angle de la Grand-place, en compagnie de Madame Verlaine mère pour éviter une éventuelle rencontre entre Mathilde et Arthur.  Ils passent la journée du 9 à se disputer. Le 10 au matin, Paul achète un pistolet chez l’armurier Montigny, passage des Galeries-Saint-Hubert. Il le charge de balles dans un café de la rue des Chartreux. Dans l’après-midi, ivre et sachant que Rimbaud veut le quitter définitivement, il tire sur lui deux coups, en pleine rue de Bruxelles. Rimbaud est légèrement blessé au poignet gauche. Après avoir reçu des soins à l’hôpital, comme Verlaine semble persister à vouloir empêcher à tout prix son départ pour Paris et alors qu’ils sont sur le chemin de la gare, Rimbaud prend peur et fait intervenir un agent de police. Verlaine est arrêté et subit un examen médico-légal qui conclut à des pratiques homosexuelles.

Le 8 août, bien que Rimbaud n'ait pas porté plainte, Verlaine est condamné à deux ans de prison ferme et 200 Francs Belges d’amende par le tribunal correctionnel de Bruxelles.  Après appel, le jugement est confirmé le 27 août. D’abord en prison à Bruxelles, Verlaine est transféré en octobre à Mons pour un "rapprochement des familles". Il élabore la matière d'un recueil Cellulairement qui ne verra jamais le jour.

1874: Le 27 mars, Les Romances sans paroles sont enfin publiées.

le 24 avril, Verlaine apprend que la demande de séparation de corps avec Mathilde Mauté a été accordée. Elle a la garde de leur fils. Verlaine est condamné à lui verser une pension alimentaire de 1200 FF par an. En juin, Verlaine se convertit au catholicisme au lendemain d'une nuit mystique, il compose des poèmes mystiques, empreints d'un sincère repentir, destinés à être publiés dans Sagesse (1881).  De cette conversion date probablement l'abandon de Cellulairement et l'idée du recueil Sagesse qui profitera, avec Jadis et Naguère (1884) et Parallèlement (1888), d'une grande partie des poèmes du recueil mort-né.

1875: Le 16  janvier,  Verlaine est libéré. Il bénéficie de presque un an de remise de peine pour bonne conduite. Il fait retraite à la Trappes de Chimay et se rend avec sa mère à Fampoux chez son oncle maternel. Après une autre vaine tentative de réconciliation avec Mathilde, il part pour Stuttgart rejoindre Rimbaud qui est précepteur et qui lui fait en deux jours et demi "renier son dieu". C’est au cours de cette dernière rencontre que Rimbaud lui confie le manuscrit des Illuminations. En avril, il trouve un emploi de professeur de français, latin, grec et dessin à la grammar school de Stickney en Angleterre. Il y rencontre Germain Nouveau, ancien du Cercle Zutique et également ami de Rimbaud. Verlaine envoie des poèmes au troisième Parnasse contemporain qui les refuse. En décembre, il envoie une dernière lettre à Rimbaud, restée elle aussi sans réponse, depuis qu’il a refusé de le dépanner financièrement. Verlaine continuera cependant à essayer de rester informé des faits et gestes de son ami en restant en contact avec leurs amis communs, Ernest Delahaye et Germain Nouveau.

1876: Verlaine enseigne maintenant au Collège Saint-Aloysius de Bournemouth après avoir enseigner à Boston. Il passe régulièrement ses congés en France, chez sa mère à Arras, au 2 impasse d’Elbronne.

1877: Verlaine achève une première version de Sagesse. Fin juin, il quitte l’Angleterre car Ernest Delahaye lui propose son poste d’enseignant à l’Institution Notre-Dame de Rethel dans les Ardennes. A la rentrée, il est engagé comme professeur de français, d’anglais, d’histoire et de géographie à l'Institution Notre-Dame de Rethel. Toute l’année, Verlaine essaye en vain de fléchir Mathilde par l’intermédiaire de Sivry avec lequel il travaille à une Opérette, La Tentation de Saint-Antoine.

1878: Il s'est pris d'affection pour un de ses éléves, Lucien Létinois, originaire de Coulommes, village situé à 14 Kms de Rethel. En pleine période mystique, Verlaine décide de faire de Lucien le "fer de lance" de sa rédemption, Létinois sera le remplacant de son fils Georges et l'inverse de Rimbaud, il en fera "un bon catholique et un bon citoyen". Pendant l'été 1878, son fils Georges Verlaine est gravement malade et se repose, en compagnie de Mathilde, au Grand Hôtel du Château de Pierrefonds.

1879: Le 4 septembre, il est renvoyé de Notre-Dame de Rethel pour cause "d'amitié particulière" avec son jeune élève. Ils partent aussitôt pour Londres avec Lucien Létinois qui trouve un poste de professeur à Stickney où avait enseigné Verlaine. Lui enseigne à Lymington, près de Southampton et de l’île de Wight puis au Solent collegiate school de l'île de Wight. A Noël, ils se retrouvent à Londres. A la suite d’une dispute, ils reviennent tous deux subitement en France, à Coulommes où "Verlaine redécouvrit la campagne française..., sa sérénité, son rythme lent, ses horizons apaisants. L'idée lui vint d'acquérir une exploitation rurale et de s'y retirer en gentilhomme : poète et paysan". (P.Petitfils. VERLAINE)

1880: Au début de l'année, la ferme de la Petite Paroisse à Juniville est à vendre, Verlaine fait appel à sa mère qui l'achète. La famille Létinois s'y installe. Verlaine loue une maison à 100 mètres de la ferme, face à l'Auberge du Lion d'Or. Dans cette auberge très fréquentée, Verlaine va achever d'écrire "SAGESSE". Il couche les premiers vers de "Jadis et Nagère". 

1881: "Sagesse" est publié à compte d'auteur à la Société générale de Librairie catholique et le nom de Verlaine devient enfin célèbre.

Ses amis notamment Huysmans et Villiers de l'Isle-Adam l'entourent et la jeunesse est enthousiaste. En été, il est à Arras avec Germain Nouveau. En automne, il suit partout Lucien qui fait son service militaire comme artilleur. En novembre, La Revue du Monde catholique refuse de publier Voyage en France par un Français.

1882: En janvier, c'est l'échec de l'exploitation agricole, le domaine de Juniville est revendu à perte et Verlaine retourne vivre à Paris d’abord à l’Hôtel du Commerce, 5 rue du Parchamps à Boulogne-sur-Seine puis, avec sa mère qu'il a convaincue de quitter Arras pour habiter à nouveau avec lui, au 17 rue de la Roquette à partir de novembre... Exit le temps des jeunes amants. Il a trente-huit ans, il engage des démarches pour se faire réintégrer dans l’administration, il renoue avec les milieux littéraires après dix ans d'absence.

 Il publie en novembre, un manuscrit de 1874,  Art poétique dans Paris moderne. C'est le manifeste du symbolisme.

 Après enquête administrative qui remonte jusqu’à l’affaire de Bruxelles et découvre l’expertise médico-légale de 1873 qui mentionne son homosexualité, il n’est pas réintégré dans l’administration.

1883: Il publie dans la revue Lutèce la première série des « poètes maudits » concernant Stéphane Mallarmé, Tristan Corbière et Arthur Rimbaud dont il s'attache  à éditer l’œuvre. Cette série confirme sa notoriété.

Avec Mallarmé, il est traité comme un maître et un précurseur par les poètes du symbolisme et par les décadents. En avril, Lucien Létinois décède des suites d’une fièvre typhoïde, à l'âge de vingt-trois ans. Le désespoir de Verlaine se traduira dans une série de vingt-cinq poèmes à la mémoire de son "fils adoptif" qui termine Amour. En juillet, Madame Verlaine mère rachète pour les parents Létinois, la propriété Malval à Coulommes. Verlaine s’y installe avec elle en septembre et y mène une vie jugée scandaleuse par le voisinage, de débauche et d’ivrognerie.

1884: Il publie Jadis et Naguère qui marque son retour sur l'avant-scène littéraire, bien que le recueil soit essentiellement composé de poèmes antérieurs à 1874. Dans À Rebours, J-K Huysmans lui réserve une place prééminente dans le Panthéon littéraire de Des Esseintes.

En mars 1884, publication chez Vanier du texte en prose Les Poètes maudits avec un chapitre sur l’Homme aux semelles de vent. Divers poèmes qui trouveront leur place dont Jadis et Naguère paraissent en revue.

En avril, Madame Verlaine mère fait la donation à son fils du domaine de Malval. A la rentrée, il devient professeur à Boulogne-sur-Seine, puis à Neuilly. Ses amis lui sont revenus dont Lepelletier, Robert Caze et Villiers de l'Isle Adam. Une jeunesse enthousiaste notamment Charles Morice, Gabriel Vicaire, Ary Renan, Jean Moréas, Laurent Tailhade, Rachilde, acclame son génie.

1885: En janvier, Jadis et Naguère parait chez Vanier.

Dans les Déliquescences d'Adoré Floupette, G Vicaire et H Beauclair le consacrent officieusement chef d'école des Décadents. Le 9 février, le jugement de divorce entre Mathilde et Verlaine est rendu, aux torts de ce dernier. En février, il s'installe à l’Austin Hôtel, rue d’Amsterdam. Le 8 mars, le domaine de Malval est revendu. Verlaine tente d’étrangler sa mère qui se réfugie chez des voisins.  Le 24 mars, Verlaine est condamné par le tribunal de Vouziers à un an de prison pour coups, blessures et menaces de mort envers sa mère. Il est libéré le 13 mai sur l’intervention de celle-ci. Il vagabonde jusqu’en juin avant de s’installer de nouveau à Paris, au rez de chaussée du sordide hôtel du Midi 6 cour Saint-François, entrée par le 5 rue Moreau. Sa mère pardonne les coups de son fils et loue une chambre au premier étage, au dessus de la sienne.  Il y fait la connaissance de la prostituée Marie Gambier, trente ans, la première de ses trois dernières maîtresses importantes, la "Princesse Roukhine" de Parallèlement. Mallarmé, Villiers de l’Isle-Adam et d’autres viennent faire la fête dans sa petite chambre.

1886: Sa mère attrape une pneumonie en allant chercher du tabac pour son fils adoré et meurt le 21 janvier 1886. Immobilisé à cause de sa jambe, il souffre d’hydarthrose du genou. Paul ne peut assister à l’enterrement. Comme il n’a jamais payé la pension alimentaire de Mathilde, la famille Mauté fait mettre les scellés sur la chambre de la morte. Le poète remet au juge un paquet de titres d’une valeur de 20 000FF trouvé dans le matelas de sa mère. Il est désormais à peu près sans ressources et sombre dans la misère. En avril, à l’hôtel du Midi, il fait la connaissance du dessinateur Auguste Cazals qui a vingt et un ans et lui inspire une violente passion à laquelle le jeune homme ne répond pas.

 Il publie "Louise Leclercq" et "mémoires d'un veuf."

Le 22 juillet, souffrant d’ulcères aux jambes, Verlaine fait le premier de ses nombreux séjours à l’hôpital. Le 30 octobre, Mathilde se remarie. Verlaine renoue à plein avec la vie de bohème à travers le Quartier latin. Ses adresses sont chez Rachilde, au 5 rue des Écoles et en novembre, au minable hôtel de la Harpe, 6 rue de la Harpe. Le 5 décembre, il entre à l’hôpital Broussais.

1887: Alors que sa célébrité s'accroît, il plonge dans la misère la plus noire. Les productions littéraires de ses dernières années sont purement alimentaires. À cette époque, il partage son temps entre le café et l'hôpital. Le 13 mars, il sort de Broussais. Réduit à l’état de clochard, il est de nouveau hospitalisé le 1er avril et passe cinq mois entre Cochin, l’asile de Vincennes, Tenon, puis de nouveau Cochin. Le 9 septembre, il est à nouveau à l’hôtel de la Harpe, secouru financièrement par Vanier et Coppée. Le 20 septembre, retour à Broussais pour six mois. Ses séjours à l'hôpital seront alors de plus en plus nombreux et de plus en plus longs. Il aura vécu au total plus de 1300 jours à l’hôpital.

1888: Le 20 mars, le jour même de la publication d’Amour chez Vanier, Verlaine, sorti de l’hôpital, s’installe à l’hôtel Royer-Collard au 14 rue Royer-Collard. Il y tiendra des "mercredis" littéraires où jusqu’à quarante personnes envahissent sa petite chambre. En novembre, après un nouveau séjour à Broussais, il est au triste Grand Hôtel des Nations au 216 rue Saint-Jacques.

Dessin de Félix Vallotton, 1865-1925 publié dans Le livre des masques de Remy de Gourmont,

dont les deux tomes ont paru respectivement en 1896 et 1898 au Mercure de France.

1889: Le 21 février, il s’installe à l’hôtel de Lisbonne au 4 rue de Vaugirard et reprend ses mercredis littéraires.

En Juin, parution de Parallèlement.

Du 8 juillet au 19 septembre, il est de retour à Broussais puis en cure à Aix-les-Bains où il écrit de nombreuses lettres à Cazals. Il revient ensuite à Broussais. Au cours de cette année, il rencontre Eugénie Krantz, dite "Nini-Mouton", prostituée qui lui inspirera les vingt-cinq poèmes de Chansons pour elle.

1890: Le 9 janvier, il reçoit à Broussais la visite des jeunes Gide et Pierre Louÿs en quête de conseils pour leurs projets littéraires. Les hôpitaux de Paris l’accueillent très régulièrement pour soigner une arthrite du genou qui gagne peu à peu tout son côté gauche. Le 19 février, Verlaine quitte Broussais et loge à l’hôtel des Mines au 125 boulevard Saint-Michel. Il y rencontre la prostituée Philomène Boudin, dite "Esther", trente ans, qui le disputera à Eugénie Krantz et pour qui il écrira plusieurs recueils. Elle tente de lui faire rompre toute relation avec Cazals. Elle réussit. Il rompt et lui réclame ses effets.

 En mars, publication de Dédicaces, recueil dédié aux amis anciens notamment Lepelletier, Rimbaud, Germain Nouveau, Villiers de l’Isle-Adam, Huysmans, Mallarmé, Moréas, Tailhade et nouveaux notamment Cazals, Jean Richepin, Rodolphe Salis et Gustave Le Rouge.

Du 19 juin au 25 novembre, il est à l’hôpital Cochin, puis à l’asile national de Vincennes, puis à Broussais. Verlaine voulant faire publier chez l'éditeur Fasquelle, un choix de ses meilleurs poèmes, Léon Vanier se brouille avec lui. Entre ses séjours dans les hôpitaux, il vivra à l’hôtel Biot au 15 rue Biot, à l’hôtel de Montpellier au 18 rue Descartes et au 272 rue Saint-Jacques, chez Eugénie Krantz.

En décembre, il publie à Bruxelles, chez Kistemaeckers, Femmes, sous le pseudonyme de Pablo de Herlanes, dix-huit poèmes érotiques qui seront saisis par la police.

1891: Il écrit Hombres un ouvrage érotique homosexuel. En janvier, il se réconcilie avec Cazals. Du 11 janvier au 6 février, il est à l’hôpital Saint-Antoine. Il reçoit les charmantes visites de Philomène. A sa sortie, il s’installe avec elle, à hôtel de Montpellïer. Puis il est hospitalisé à l’hôpital Saint-Antoine pour une crise de rhumatismes. A sa sortie, le 6 février, il retourne à l’hôtel de Montpellier. Philomène l’aide dans ses démarches auprès de son éditeur et des journaux.

Le 21 mai, sa petit pièce Les Uns et les Autres est montée au Théâtre des Variétés, interprétée par la troupe du Théâtre de l’Art pour une représentation de gala.

Philomène revenant mystérieusement bredouille d’une de ses missions auprès de l’éditeur, Verlaine lui retire sa confiance et fait maintenant faire ses démarches par Eugénie Krantz.

En juin, parution de Bonheur chez Vanier.

Le 17 septembre, il est mis à la porte de l’hôtel de Montpellier pour retard de loyers. Il retourne au 15 de la rue Descartes où habite Eugénie. Le 31 octobre, il est de retour à Broussais où l’on diagnostique diabète et syphilis. Il reçoit de nouveau les visites de Philomène et il lui confie de nouveau ses commissions auprès de son éditeur.

En novembre, parution de Mes hôpitaux, en prose, chez Vanier.

Il apprend la mort de Rimbaud à trente-sept ans, le 10 novembre, emporté par un cancer, à l’hôpital de la Timone à Marseille.

Le 26 décembre, les Chansons pour elle paraissent chez Vanier.

1892: Il retourne à l'hôpital. Exceptionnellement, il est autorisé à recevoir ses amis tous les jours... et, parfois, à sortir avec eux... Barrès, France, Huysmans, Rachilde, le visitent également. Le 20 janvier 1892, à sa sortie de Broussais, Verlaine s’installe avec Philomène à l’hôtel de Rennes. Se montrant jaloux de ses autres clients, elle finit par le mettre à la porte. Il subit une nouvelle période d’errance et de misère. Le 12 mars, 36 hommes de lettres et artistes se cotisent pour lui verser une petite rente mensuelle. Il entre de nouveau à l’hôpital Broussais. Philomène reprenant ses visites, il retombe sous le charme et lui confie à nouveau la tâche d’intermédiaire.

Le 16 avril, parution de Liturgies intimes à la Bibliothèque du Saint-Graal.

A sa sortie de l’hôpital, en octobre, il se met en ménage avec Eugénie Krantz au 9 rue des Fossés-Saint-Jacques. Elle redevient son intermédiaire auprès de  l’éditeur Léon Vanier. Agée d’une quarantaine d’années, rangée, elle veille jalousement sur lui et essaie de le soustraire aux bras de Philomène. Du 2 au 14 novembre, il fait une tournée de conférences en Hollande. A son retour, il lui confie ses économies. Le jour où il en a besoin, tout à disparu. Eugénie Krantz accuse Philomène du vol. Furieux, il la quitte pour errer dans Paris. Le 19 décembre, il est de retour à Broussais. Philomène vient le visiter et retrouve ses faveurs.

1893: Le 17 janvier, pour la préparation de ses conférences en Belgique, il préfère retourner au calme chez Eugénie Krantz au 9 rue des Fossés-Saint-Jacques. Du 21 février au 10 mars, il fait sa tournée de conférences belges. Prudent, cette fois il met à l’abri les recettes de la tournée avant de rentrer. Le 13 avril, Verlaine préside le huitième banquet de La Plume.

En mai, parution chez Vanier de Elégies, 12 poèmes écrits pour Philomène puis de Odes en son honneur, dix-neuf autres poèmes écrits pour la même Philomène. En juin, parution de Mes prisons, toujours chez Vanier.

Du 14 juin au 3 novembre, il retourne à Broussais pour un érysipèle infectieux. Philomène réapparaît. En Juillet, il pose sa candidature à l’Académie française. A sa sortie d’hôpital, il s’installe chez Philomène. Du 3 novembre au début décembre, il fait une tournée de conférences en Lorraine, puis en Angleterre. Il écrit de nombreuses lettres à Philomène, projetant de l’épouser, puis apprenant par Eugénie Krantz l’infidélité de sa future épouse, il préfère rompre. En décembre, il invite Eugénie à le rejoindre au 187 rue Saint-Jacques, dans le logement qu’il a gardé. Publication chez Vanier de Quinze Jours en Hollande, récit de voyage. L’Angleterre s’intéresse à lui et l’éditeur londonien Lane décide de publier un choix de ses poésies.

1894: Du 1er mai au 10 juillet, il séjourne à l’hôpital Saint-Louis pour de nouveaux abcès aux jambes.

Le 26 mai, paraissent chez Vanier Dans les Limbes, dix-sept poèmes sur sa vie d’hôpital et les visites réconfortantes de Philomène.

Le 9 août, avec l’aide de ses amis, il demande et obtient son premier secours financier de 500 F du ministère de l’instruction publique. En Août, il est élu Prince des Poètes par les lecteurs du Journal. Il succède à Leconte de Lisle, mort le 18 juillet. Un groupe d’amis, réuni par Maurice Barrès et Robert de Montesquiou, se cotise pour lui verser 150 F de pension par mois. A sa sortie de l’hôpital, Verlaine loge seul hôtel de Lisbonne puis s’installe avec Eugénie Krantz au 48 rue du Cardinal-Lemoine. A la suite d’une violente dispute, elle retourne chez elle, après avoir profité d’une absence de Verlaine pour emporter ses manuscrits et effets personnels. Verlaine déménage à l’hôtel de Lisbonne et reprend contact avec Philomène qui reprend son rôle de commissionnaire auprès des éditeurs. Malgré les nombreuses lettres de Verlaine, Eugénie refuse de lui rendre ses affaires. De nouveau malade, il entre à l’hôpital Bichat le 1er décembre.

Le 15 décembre, paraît Epigrammes aux éditions de La Plume.

1895: Il fit jouer un petit acte, Madame Aubin, dans une société de jeunes gens. Le 21 janvier, il sort de l’hôpital. Il rompt avec Philomène le 10 février, après avoir constaté une fois de plus la disparition mystérieuse de ses économies à la suite de sa visite. A partir de février, il vit avec Eugénie Krantz au 16 rue Saint-Victor. Le 19 février, il reçoit un nouveau secours de 500 F du ministère de l’instruction publique.

 En juin, les Confessions paraissent à la Librairie Fin de siècle.

 Au début de l’été, la ville de Nancy décide de donner à l’une de ses rues le nom de "Paul Verlaine". Autre bonne nouvelle : l’autorisation donnée par Isabelle Rimbaud de publier toute l’oeuvre de son frère. Verlaine rédige la préface du recueil. Installé en septembre 1895 au 39 rue Descartes, le Prince des Poètes retrouve un peu de calme, étroitement surveillé par Eugénie Krantz et Zélie, la vieille femme de ménage. En Angleterre, une vague de puritanisme se déclenche à la suite du procès d’Oscar Wilde en corruption de mineurs et l’éditeur londonnien Lane préfère renoncer à publier les Poésies Choisies de Verlaine. Même en France, les moeurs de certains écrivains un peu trop adulés dans les milieux intellectuels choquent. Edmond de Goncourt a d’ailleurs déclaré dans Le Journal du 27 janvier 1895 : "Oui, c’est positif en ce temps, on a le goût de la vie malpropre. En effet, quels sont, en ce moment, les trois dieux de la jeunesse ? Ce sont Baudelaire, Villiers de L’Isle-Adam, Verlaine : certes trois hommes de talent, mais un bohème sadique, un alcoolique, un pédéraste assassin." Le 30 septembre, Verlaine perçoit un nouveau secours de 500 F du ministère de l’Instruction publique. En octobre, il reçoit une lettre en provenance de Belgique de son fils Georges, apprenti-horloger qui a maintenant 24 ans et aimerait le rencontrer. Verlaine est très ému, mais trop malade pour se déplacer et trop pauvre pour pouvoir payer le voyage de son fils. Ne recevant rapidement plus de nouvelles, renseignements pris, il apprend que celui-ci, malade, est retourné chez sa mère, Mathilde Delporte. Au début de décembre, son genou et sa jambe enflèrent de façon inquiétante. Ses maux d'estomacs s'aggravèrent tandis qu'une bronchite chronique mal soignée le contraignit à garder le lit. Le 30 décembre, il adresse une lettre désespérée au Comte de Montesquiou : il n'y a plus d'argent à la maison et je meurs." Pourtant, tandis que « rhumatisme, cirrhose, gastrite et jaunisse » le dévorent, les jeunes poètes reconnaissent en lui le maître de l'art poétique moderne. On le réclame en Belgique, en Angleterre et en Hollande.

 1896:  Le 2 janvier 1896, il accepte de collaborer à la revue "L'image" de son amie Jules Rais et tente d'obtenir une subvention ministérielle par l'intermédiaire d'Ernest Delahaye. C'est aussi ce jour-là qu'il écrit sa dernière lettre. Le 5 janvier 1896, il a un bref délire. La fièvre semble le quitter dans le milieu de l'après-midi et il peut même recevoir les épreuves d'un poème écrit très récemment intitulé "Mort". Dans la nuit du 7 janvier, le poète s'étant levé, fait une chute. Le docteur Parisot appelé en grande hâte juge la situation désespérée. Quelques heures plus tard, après avoir réclamé Edmond Lepelletier, François Coppée, et Stéphane Mallarmé à qui il voulait serrer la main, le poète entra dans le coma. Le 8 janvier, Verlaine meurt à cinquante-deux ans, d’une congestion pulmonaire au 39 rue Descartes. Une plaque commémorative est posée sur la façade de l'immeuble. Le 10, les obsèques ont lieu à Saint-Etienne-du-Mont. Théodore Dubois et Gabriel Fauré tiennent les orgues devant une assistance d'environ 3000 personnes, composée d'une majorité de jeunes. Mallarmé écrira : "ce fut, amis et ciel, très beau de deuil et de sérénité". Il est enterré au cimetière des Batignolles dans le caveau familial, près de sa mère et de son père. Des discours sont prononcés, notamment par Barrès, Coppée, Mallarmé Kahn, Catule Mendès et Moréas. Le lendemain de son enterrement, plusieurs quotidiens relatent un événement curieux : dans la nuit qui a suivi les obsèques, la statue de la Poésie, au faîte de l’Opéra, a perdu un bras qui s’est écrasé, avec la lyre qu’il soutenait, à l’endroit où le corbillard de Verlaine accompagné de milliers de parisien, venait de passer.

En février, publication posthume de Chair, recueil de poèmes érotiques, dans un numéro spécial de La Plume, puis à la fin de l’année, Invectives chez Vanier, recueil de 79 poèmes satiriques.

1899: Publication de ses Œuvres complètes en 3 volumes.

1903: Publication de Hombres chez Messein composé  par Verlaine en 1891.

1913: Parution de Biblio-sonnets chez Henry Floury, treize sonnets de commande composés en 1895 pour Pierre Dauze, directeur de la Revue biblio-iconographique.

1926 et 1929: Publication de "oeuvres oubliées" composés en partie des manuscrits emportés par Eugénie Krantz.

Début Juin 1944: Le message Verlaine:

"Les sanglots longs des violons de l’automne
Blessent mon cœur d’une langueur monotone"

diffusé sur la BBC a été l'annonce à la résistance française de l'imminence du débarquement. Chaque groupe devait remplir une mission.

1995 : Total Eclipse sort au cinéma pour conter les relations de Verlaine avec Rimbaud.

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CITATIONS DE VERLAINE

Je pardonne, mon Dieu, pardonnez-moi.

La vie humble, aux travaux ennuyeux et faciles,
Est une œuvre de choix qui veut beaucoup d'amour.

Rien n'est meilleur à l'âme, que de faire une âme moins triste !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !

Toi mon dernier, mon seul témoin, viens çà, chère, que je te baise,
Que je t'embrasse long et fort, mon cœur près de ton cœur bat d'aise

Aime-moi, car, sans toi, rien ne puis, rien ne suis

Sans doute tu ne m'aimes pas comme je t'aime,
Je sais combien tu me trompas jusqu'à l'extrême

Il est grave : il est maire et père de famille.

Vivent nous et vive l'amour !

Si ces hiers allaient manger nos beaux demains ?

Je suis riche de tes beaux yeux.

J'aime ton sourire qui m'accueille si gentiment !

Le Dieu d'amour veut qu'on ait de l'haleine, il a raison !

L'amour est infatigable ! Il est ardent comme un diable, comme un ange il est aimable.

L'amour de la Patrie est le premier amour, et le dernier amour après l'amour de Dieu.

L'université Verlaine de Metz fait partie de l'université de Lorraine :

L'ABSINTHE DE VERLAINE ET DE RIMBAUD

Les six plantes de base d'une absinthe sont  un anis appelé grande absinthe et la petite absinthe, l'anis vert, le fenouil, la mélisse et l'hysope.

Selon les recettes, d'autres plantes peuvent compléter la recette comme l'angélique, la coriandre, la véronique, le calamus, ou encore la menthe.

Communément la couleur avant utilisation est verte. Par conséquent elle a eu comme surnom la "fée verte".

ABSINTHE - ANIS VERTE - FENOUIL

L'absinthe est obtenue par distillation :

Voici la Recette d'un fabricant d'alambics à Môtiers, au Val-de-Travers, aujourd'hui décédé :

Voici la Recette par dissolution d'essence

L'absinthe a eu au XIXe siècle la réputation de rendre fou.  Deux molécules semblent dangereuses.

LA THUYONE

La thuyone est une molécule présente dans l'absinthe. Elle est très convulsivante et provoque des sensations de désinhibition et même, à fortes doses, des hallucinations.

Sa formule chimique est C10H16O c4, c'est une cétone monoterpénique. Elle possède deux formes stéréo-isomériques naturelles, l'α et la β thuyone. L'isomère α thuyone est le plus toxique.

Les α et β thuyones sont toutes deux présentes dans l'armoise ainsi que dans l'absinthe. Leur concentration dans l'absinthe vendue depuis 2005 en Suisse, est limitée à 35 mg nettement inférieur au seuil au delà duquel les hallucinations se manifestent. Le taux de thuyone dans l'huile essentielle d'absinthe est de l'ordre de 50 % mais le pourcentage d'huile essentielle dans la plante elle-même est uniquement d'environ 0,6 %.

Une absinthe légale avec 20-25 mg par litre de thuyone est excitante si sont dépassés les usages prescrits pour un apéritif au Val-de-Travers en Suisse, à savoir une ou deux absinthes bien tassées avec de l'eau glacée, et ensuite une «rincette», c'est-à-dire une absinthe légère avec beaucoup d'eau.

Le nom de "Rincette" est d'abord utilisé par la distillerie Kübler,  au Val-de-Travers en Suisse, pour distiller une boisson apparentée à l'absinthe, du temps où celle-ci était interdite, avant le 1er mars 2005 en Suisse.

LA FENCHONE

La France, par le décret n°88-1024 du 2 novembre 1988, autorise à nouveau l'absinthe mais limite la fenchone, une des molécules importantes de l'huile essentielle de fenouil, dont le taux ne devait pas dépasser 5 mg par litre alors que le taux de fenchone n'a jamais été limité en Suisse.

Certaines absinthes du Val-de-Travers, dites "suisses" au XIXe siècle, ne pouvaient pas être vendues en France pour cette cause, puisque  les graines de fenouil utilisées en Suisse contiennent beaucoup plus de fenchone que le fenouil du sud de la France, avec lesquelles sont produites les absinthes françaises.

Le décret français n°2010-256 du 11 mars 2010, a totalement annulé cette limitation prévue à l'article 1 du décret n°88-1024 du 2 novembre 1988 et met les distillateurs suisses et français sur un pied d'égalité.

LA CONSOMMATION DE L'ABSINTHE

Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Henri de Toulouse-Lautrec, Amedeo Modigliani, Vincent van Gogh, Oscar Wilde, Aleister Crowley et Alfred Jarry étaient connus pour être de grands buveurs d'absinthe.

Pour boire selon la "la méthode française", placez un morceau de sucre sur une cuillère fendue placée sur le verre qui a été rempli avec de l'absinthe.  De l'eau glacée est ensuite versé goutte à goutte sur le morceau de sucre de telle sorte que la boisson soit composée d'un quart d'absinthe et trois quart d'eau. La couleur verte vire et devient laiteuse. Le résultat est appelé louche.

"La méthode de Bohême» est une alternative connue surtout en raison de l'utilisation du feu. Comme la méthode française, un morceau de sucre est placé sur une cuillère fendue sur un verre contenant la même proportion d'absinthe. La différence est que le sucre est préalablement trempées dans de l'alcool. Le morceau de sucre est alors enflammé pour qu'il tombe dans le verre. Enfin, un petit verre plein d'eau est ajouté pour éteindre les flammes.

Les effets de l'absinthe sont décrits comme une ouverture d 'esprit. L'expérience la plus fréquemment rapportés est un "lucide" sentiment d'ivresse, ou une forme de «l'ivresse lucide». Cette sensation d'un lucide effet global de l'éveil est décrite par Arthur Rimbaud dans ses deux Lettres du voyant.

L'INTERDICTION DE DISTILLER DE L'ABSINTHE

En 1915, l'absinthe a été interdite aux Etats-Unis et dans la plupart des pays européens dont la France, les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse et l' Empire austro-hongrois.

En France, la loi du 16 mars 1915 relative à l'interdiction de la fabrication, de la vente en gros et au détail, ainsi que de la circulation de l'absinthe et des liqueurs similaires prévoit :

Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,

Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Article 1

Sont interdites la fabrication, la vente en gros et en détail, ainsi que la circulation de l'absinthe et des liqueurs similaires visées par l'article 15 de la loi du 30 janvier 1907 et l'article 17 de la loi du 26 décembre 1908.

Un décret fixera les caractères auxquels on reconnaîtra qu'un spiritueux doit être considéré comme liqueur similaire au sens de la présente loi.

Les infractions à la présente loi seront recherchées et constatées comme en matière de fraudes et falsifications.

Article 2

La présente loi est applicable à l’Algérie et aux colonies.
La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l’Etat.

Par le Président de la République : Raymond Poincaré.

Le président du conseil, René Viviani. Le ministre de l’intérieur, L. Malvy.

Le garde des sceaux, ministre de la justice, Aristide Briand.

Le ministre des finances, A. Ribot.  Le ministre des colonies, Gaston Doumergue.

L'AUTORISATION DE DISTILLER L'ABSINTHE SOUS CONDITION

Après l'interdiction, les anciennes marques d'absinthes se reconvertissent dans des anisés sans sucre qui se préparent comme l'absinthe. En 1932, Paul Ricard invente le Pastis qui est le premier anisé à connaître un succès presque équivalent à celui de l'absinthe.

Une renaissance de l'absinthe a commencé dans les années 1990, lorsque les pays de la Union européenne a commencé à autoriser à nouveau sa fabrication et de vente. La Suisse a autorisé sa fabrication en 2005.

En 1999, au Brésil, l'entrepreneur Lalo Zanini distille l'absinthe légalisée la même année, mais doit s'adapter à la loi brésilienne, avec la teneur en alcool limitée à 54 g par litre.

En Février 2008, près de 200 marques d'absinthe ont été produits dans une douzaine de pays, notamment en France sous le nom autorisé de "Versinthe", la Suisse, l'Espagne, et la République tchèque.

Depuis le 1er mars 2005, la distillation de l'absinthe est à nouveau autorisée en Suisse, à condition que la teneur en thuyone ne dépasse pas 35 mg par litre.

La Suisse demande alors une IGP européenne en faveur du Val de Travers. En réaction la LOI n° 2011-525 du 17 mai 2011 abroge la loi du 16 mars 1915 qui interdit aux producteurs français d'utiliser la dénomination "absinthe".

L'absinthe, est comme au dix-neuvième siècle, titré entre 45° et 90°. Elle est produite notamment dans les distilleries de Fougerolles en Haute-Saône, à Pontarlier dans le Doubs, ville dont elle fit la richesse jusqu'à l'interdiction de 1915, et à Saumur par la distillerie Combier.

LIENS EXTERNES

D'Autres Biographies de Paul VERLAINE

La maison natale de Metz: http://www.mairie-metz.fr:8080/metz2/decouvrir/quartier/centre/verlaine.php

Les amis de Verlaine: http://www.paul-verlaine.net 

Musée du message Verlaine: http://www.tourcoing.fr/musee-verlaine-tourcoing.html

Le Lycée Paul Verlaine de Rethel porte son nom pour lui rendre hommage: http://www.lyc-verlaine.ac-reims.fr/

Le musée de l'absinthe : http://www.museeabsinthe.com/

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